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Un journaliste en grève de la faim pour dénoncer l'acharnement dont il fait l'objet

(RSF/IFEX) - "Avec cette nouvelle convocation et ces interrogatoires sur des écrits remontant à 2006, il est clair que Mohammed Abdel Qader Al-Jassem est victime d'un véritable harcèlement de la part des autorités du pays. Cela doit cesser. Nous demandons la remise en liberté immédiate du journaliste et l'abandon de toutes les charges retenues contre lui", a déclaré Reporters sans frontières.

Le journaliste et écrivain Mohammed Abdel Qader Al-Jassem est interrogé par le procureur du district depuis le 11 mai au matin au ministère de la Sécurité nationale. D'après les médias locaux, le Premier ministre, Sheikh Nasser Sabah Al-Ahmad A-Sabah, serait à l'origine de cette nouvelle convocation. Deux avocats sont présents aux côtés du journaliste. Sa famille n'a cependant pas pu entrer en contact avec lui.

"Il s'agit d'un procès politique", a déclaré le journaliste qui a entamé une grève de la faim.

"Le procureur l'a appelé, hier matin, pour lui dire qu'un mandat d'arrêt avait été délivré à son encontre, et qu'il était invité à se rendre au département de la Sécurité nationale (. . .) s'il ne voulait pas être arrêté à la maison", a déclaré Sumayah Al-Jassem, fille du journaliste, à Reporters sans frontières. "Il y est donc allé. Il était 13h quand l'interrogatoire a commencé hier. Cela a duré jusqu'à 3h du matin, et l'interrogatoire a repris ce matin. On ne sait pas combien de temps cela va durer. Mais d'après les avocats, ils reviennent sur l'ensemble des articles que mon père a écrits sur son site internet au cours des cinq dernières années ( http://www.aljasem.org ). Ils reviennent aussi sur un livre publié en 2006. Or il existe une loi dans notre pays qui stipule qu'une fois dépassé le délai de 90 jours après la publication d'un ouvrage, toute poursuite est illégale. Aussi mon père a-t-il déclaré son intention de porter plainte contre Sheikh Nasser Sabah Al-Ahmed A-Sabah pour dépôt illégal de plainte".

Reporters sans frontières rappelle que Mohammed Abdel Qader Al-Jassem avait été condamné, le 1er avril dernier, à six mois de prison ferme pour "calomnie" à l'encontre du Premier ministre, Sheikh Nasser Mohammed Al-Ahmed Al-Sabah. Au cours de réunions publiques, il avait demandé la démission du Premier ministre, estimant qu'il n'était pas capable de gérer les affaires du pays. Le tribunal a toutefois assorti le jugement d'une clause suspensive jusqu'au procès en appel, fixant la caution à 5 000 dinars (environ 13 000 euros). Le journaliste, qui a payé la caution, a exprimé son intention de faire appel de cette condamnation.

Il avait ajouté avoir reçu, indirectement, une lettre du directeur de la Sécurité nationale lui enjoignant de quitter le pays. Le journaliste avait refusé de s'y soumettre, dénonçant cette injonction sur son blog. "J'attends qu'on me convoque pour cette affaire-là", avait-t-il conclu ironiquement.

Reporters sans frontières souligne que le Premier ministre koweïtien, Sheikh Nasser Mohammed Al-Ahmad Al-Sabah a été reçu par le Président français, Nicolas Sarkozy, le 16 avril dernier.

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