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Une campagne électorale entachée par des attaques de médias et des poursuites judiciaires

(RSF/IFEX) - Le 7 février 2012 - Reporters sans frontières tient à faire part de son inquiétude quant aux incidents qui ont visé un certain nombre de médias au cours de la campagne électorale pour les législatives du 2 février dernier. Alors même que le pays figure en tête des pays arabes du classement mondial 2011 pour la liberté de la presse, des crispations politiques autour de la tenue de ces élections ont eu des conséquences sur les médias, l'organisation recensant plusieurs atteintes à la liberté de la presse.

Par ailleurs la victoire des tribus et des islamistes à ces élections législatives n'est pas sans inquiéter certains analystes politiques sur l'avenir de la liberté de la presse au Koweït.

Reporters sans frontières demande aux autorités koweïtiennes d'abandonner les poursuites qui pèsent contre des médias, et de continuer à faire respecter les principes de pluralisme et d'indépendance des médias.

Trois quotidiens et une chaîne de télévision sont sous la menace de poursuites judiciaires, initiées par le ministre de l'Information, Sheikh Ahmed Jabar Al-Ali. Le 1er février 2012, le journal Al-Qabas a notamment révélé la décision du ministère de suspendre pour une durée de deux semaines la diffusion du quotidien Al-Dar, en raison de deux publications qui encourageraient la discorde ou la “fitna” entre les communautés, “l'incitation à la violation de l'ordre public” et “d'appel à la haine envers certains groupes religieux et composantes de la société”. Le ministère de l'Information aurait motivé ces procédures au nom de la “sécurité nationale” et de la “paix civile” conformément aux dispositions de l'article 111 du code pénal et aux alinéas 2 et 7 de l'article 21 de loi n°3 de l'année 2006 sur l'impression et la diffusion.

Tout comme Al-Dar, la chaîne satellitaire Scope TV, ferait l'objet de poursuites depuis la diffusion des propos du candidat de la troisième circonscription Mohamed Al-Jouwaihel, libéral farouchement opposé à la main mise des tribus sur la conduite de la politique, qui aurait adressé de virulents propos à l'encontre de ces mêmes tribus. Suite à ces déclarations, les partisans du pouvoir tribal ont incendié les locaux du candidat. D'après le journal Al-Qabas, le ministre de l'Information devait réunir des conseillers juridiques afin de transmettre la procédure au procureur général. Le pouvoir manifeste clairement ses réticences lorsque les médias critiquent l'ascension du pouvoir tribal.

Par ailleurs, dans la soirée du 31 janvier, les bâtiments de la chaîne Al-Watan ont été pris d'assaut par des manifestants, partisans des tribus, alors que devait se dérouler un débat entre deux candidats, Faysal Al-Muslim, affilié aux islamistes, et Nabil Al-Fadl, candidat pro-gouvernemental considéré comme hostile à la tribu des Motairi. Les forces de sécurité n'ont pas pu contenir le millier de manifestants qui ont investi les lieux. Quatorzes membres des forces de sécurité et trois journalistes ont été blessés, parmi lesquels, Yusuf Al Mutairi et le photographe Mohamed Al-Sharhan du journal Al-Jarida, immédiatement été transportés à l'hôpital Farwaniya. En raison de cette violente intrusion dans les locaux de la chaîne, les organisateurs du débat ont été contraints d'arrêter leur programme.

Ces incidents viennent entacher la campagne électorale des législatives, alors même que, la presse koweïtienne avait été particulièrement virulente sur les cas de corruption et les cas d'achat de voix par certains candidats. Les journalistes étaient restés très attentifs lors des “pré-sélections” tribales des candidats dans les 4ème et 5ème circonscription. Les médias jouent un rôle crucial dans le jeu politique koweïtien. N'hésitant pas à dénoncer les abus de pouvoir et la corruption, ils font et défont des gouvernements.

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