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Des journalistes ouzbeks sont emprisonnés et en fuite

Deux journalistes kirghiz emprisonnés ont été inculpés d'extrémisme, d'incitation à la haine ethnique, d'avoir proféré des appels au désordre public et de complicité de meurtre, rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Les deux hommes ont été arrêtés dans le sillage de la violence ethnique qui a embrasé le sud du Kirghizistan en mai et juin. Selon l'Association publique « Journalistes » du Kirghizistan (PAJ), de nombreux journalistes sont visés en raison de leur appartenance ethnique.

Ulugbek Abdusalomov, rédacteur en chef du journal indépendant en langue ouzbek « Diydor », est actuellement hospitalisé à Jalal-Abad où il reçoit des traitements pour des troubles cardiaques. Il a été mis en accusation le 10 août. Azimjon Askarov, chef du groupe local de défense des droits de la personne « Vozdukh » et collaborateur au site web régional de nouvelles « Voix de la Liberté », a été mis en accusation le 12 août. Il aurait été passé à tabac en captivité.

Les journalistes sont détenus en représailles à leurs reportages sur la crise humanitaire et les violations des droits de la personne commises dans le sud du Kirghizistan. Le journal d'Abdusalomov avait couvert les difficultés sociales et politiques auxquelles se heurte la communauté ouzbek. Les accusations contre Askarov constituent des représailles au rôle qu'il a joué dans la documentation de l'incapacité de la police à faire cesser les violations des droits de la personne dans le village méridional de Bazar-Korgon. Il couvre depuis des années les conditions de détention en prison et la torture que subissent les détenus aux mains de la police à Jalal-Abad.

Plusieurs autres attaques ont eu lieu. Le PAJ rapporte que le caméraman Batyr Mamatzhanov, de Keremet TV, a été tabassé gravement par 30 hommes le 11 juin pendant les troubles à Osh. Il filmait les désordres, maisons et magasins incendiés. D'autres journalistes ont été dévalisés, leurs domiciles incendiés, leurs voitures saisies et brûlées. Les familles des journalistes ont également été menacées.

Depuis juin, deux journalistes ouzbeks sont entrés dans la clandestinité, selon ce que rapportent les journalistes locaux. À la mi-juillet, la station de télévision en langue ouzbek Osh TV a subi une descente et été retirée des ondes, et son directeur a été détenu pendant quelque temps. Le service de sécurité kirghiz a confisqué des ordinateurs, des disques durs, des documents électroniques et des archives numériques. La descente a paralysé le radiodiffuseur, qui venait tout juste de reprendre sa programmation après la fin des violences entre la majorité kirghiz et la minorité ouzbek du pays.

Les organisations chargées de l'application de la loi sont aux trousses des journalistes et des défenseurs des droits de la personne, indique le Centre pour le journalisme en situations extrêmes (Center for Journalism in Extreme Situations, CJES).

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