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Au Liban, les journalistes ne sont pas des ordures

REUTERS/Mohamed Azakir

Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 2 septembre 2015.

RSF condamne les nombreux cas d'agressions de journalistes par les forces de l'ordre libanaises ces dernières semaines, lors des rassemblements populaires dénonçant l'inaction du gouvernement face à la crise des déchets.

Des journalistes ont été expulsés de force du ministère de l'Environnement à Beyrouth, le 1er septembre, par la police, alors qu'ils couvraient l'intrusion de manifestants dans le bâtiment. Alors que les forces de l'ordre recouraient à la violence pour déloger les manifestants venus exprimer leur ras-le-bol face à la mauvaise gestion des déchets dont le ministre de l'Environnement est considéré comme responsable, les journalistes, à l'intérieur et l'extérieur du ministère, ont subi des coups et vu leur matériel confisqué ou mis hors d'état de fonctionner.

“Cette violence par la police libanaise contre les journalistes est totalement inacceptable, déclare Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient et Maghreb de RSF. Les journalistes ne sont pas des ordures ! Ils sont ciblés, alors qu'ils ne sont là que pour rapporter les faits et exercer légitimement leur profession. RSF condamne ces agressions contre la presse, qui démontrent une volonté d'éliminer des témoins de la répression - d'une violence sans précédent - des manifestations au Liban”.

Foutoun Raad, reporter pour la chaine LBCI qui se trouvait à l'intérieur du ministère avec une quinzaine de manifestants, s'est vue emmeneé de force à l'extérieur sous les coups et les menaces de la police. Dans son témoignage filmé plus tard sur place, elle explique qu'elle a dû continuer à couvrir les évènements avec son téléphone, une fois le cable de transmission de la caméra de son caméraman sauvagement coupé.

Les manifestations s'intensifient dans la capitale depuis le mois d'août. Lors des rassemblements le 22 et 23 août dernier, une dizaine de journalistes ont été agressés par les forces de sécurité : coups de matraque, jets de pierre, bousculades, sans oublier les dommages causés intentionnellement à leur matériel. Une vidéo de la journaliste Nada Andraos (de la chaîne LBCI) se faisant battre et bousculée est devenue virale en ligne.

Le Liban figure à la 98eme place sur 180 pays du Classement mondial de la liberté de la presse établit en 2015.

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