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Les journalistes sont coincés au milieu des rivalités politiques en période électorale

Les électeurs font la queue devant un bureau de vote à Monrovia, au Libéria
Les électeurs font la queue devant un bureau de vote à Monrovia, au Libéria

Helen Andreasson/UNDP, Liberia

Dans le sillage du deuxième tour de scrutin au Libéria, sept stations de radio et de télévision ont été fermées après que trois personnes eurent perdu la vie dans des affrontements entre la police antiémeute et des partisans de l'opposition, selon ce que rapporte le Centre pour l'étude des médias et l'édification de la paix (Center for Media Studies and Peace Building, CEMESP). Les stations de radio et de télévision perçues comme favorables à l'opposition sont accusées de « répandre un discours de haine ».

Tandis que les tensions politiques sont très vives en période électorale, d'autres médias sont souvent victimes de rivalités politiques, rapportent le CEMESP, Reporters sans frontières (RSF) et la Fondation pour les médias en Afrique de l'Ouest (Media Foundation for West Africa, MFWA).

Les stations « Power FM », « Power TV », « Love FM », « Love TV », « Kings FM », « Clar TV » ainsi que la station de radio communautaire Shaiata ont été avisées séparément de cesser toute diffusion en attendant l'audition, prévue le 10 novembre, d'une pétition déposée par le Gouvernement du Libéria, selon ce que rapporte le CEMESP.

Le 7 novembre, dit le CEMESP, le principal parti d'opposition, le Congrès pour le changement démocratique (Congress for Democratic Change, CDC) avait organisé « ce qu'il a décrit comme une manifestation pacifique d'appui à une mesure de boycott annoncée quelques jours auparavant ». Les stations de télévision ont couvert l'émeute qui a suivi la manifestation, et ont montré « des cadavres et des personnes blessées que l'on croit être des partisans du CDC ».

Bien qu'aucun résultat n'ait encore été dévoilé, le dirigeant d'opposition Winston Tubman a boycotté le deuxième tour de scrutin, invoquant de la fraude au premier tour, qui l'opposait à la présidente sortante et lauréate du prix Nobel de la paix Ellen Johnson Sirleaf. La Présidente Sirleaf a remporté le premier tour, mais sans obtenir la majorité absolue des voix. Selon les dépêches, on a constaté une diminution massive du nombre des électeurs au second tour, le 8 novembre par rapport au premier, tenu le 11 octobre.

Entre les premier et second tours de scrutin, le personnel des stations « Love FM » et « Love TV » de Monrovia, qui appuient le CDC, aurait reçu de nombreuses menaces de mort, indique RSF. Le 17 octobre, des inconnus ont lancé une bombe incendiaire sur les stations, détruisant une salle d'entreposage et les forçant à quitter les ondes pendant plusieurs heures, selon ce que rapportent la MFWA et RSF. À peine six jours plus tôt, le local du parti au pouvoir, le Parti de l'Unité, a également été attaqué par des incendiaires, rapporte la MWFA.

Journaliste à « Truth FM », Smith Toby, qui a félicité le gouvernement de Sirleaf, a été attaqué chez lui, en octobre, par des assaillants armés probablement embauchés par des politiciens d'opposition, selon la MWFA. RSF ajoute qu'un autre journaliste de « Truth FM », Patrick Honnah, a reçu de nombreux appels téléphoniques de menaces.

Le 17 octobre, les partis politiques ont signé une entente par laquelle ils conviennent d'interdire l'intimidation et la violence dirigées contre les journalistes, mais le CDC a refusé de ratifier cette entente, rapporte RSF, d'après qui le CDC avait forcé deux reporters à effacer des photos en leur possession montrant des Libériens victimes de violence accidentelle ou intentionnelle pendant les événements de la campagne.

Par ailleurs, deux journaux libériens sont passibles d'amendes colossales pour des accusations de diffamation de fonctionnaires du gouvernement, selon ce que rapporte le CEMESP.

En octobre, le ministre de l'Agriculture, le Dr. J. Chris Toe a poursuivi avec succès le journal « Frontpage Africa » pour 1,5 million de $US après que celui-ci eut publié un article sur des opérations présumées frauduleuses de Toe. Le journal devra vraisemblablement fermer ses portes s'il ne peut payer l'amende, dit le CEMESP. Le journal conteste l'ordonnance du tribunal, toutefois, et fait état de corruption judiciaire. Au moins un membre du jury aurait été acheté pour 50 $US; le Dr. Toe a été vu en train de visiter les bureaux du juge avant l'annonce du verdict. Avec l'appui de l'Initiative de Défense juridique des médias (Media Legal Defense Initiative, MLDI), dont le siège est situé au Royaume-Uni, le CEMESP offre à « Frontpage Africa » de l'aide et une représentation juridiques.

Un autre politicien, l'ancien président du Parti de la Liberté, Israel Akinsanya, a intenté le 27 octobre une poursuite en diffamation contre le « Liberian Journal » et exige 10 millions $US en réparations, selon le CEMESP. Akinsanya a été accusé de vol par Lonestar Cell MTN, une entreprise de télécommunications. Le « Liberian Journal », qui appartient à un ancien politicien qui contribue à la caisse d'un autre parti d'opposition, a écrit un reportage dans lequel il affirme que Akinsanya a tenté de s'échapper, dit le CEMESP.

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