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Kadhafi célèbre 40 ans de pouvoir pendant que se poursuit la répression des médias

Tandis que le dirigeant libyen Muammar Kadhafi organise six jours de célébrations fastueuses, avec pièces de théâtre, concerts et expositions pour souligner le coup d'État sans effusion de sang qui l'a porté au pouvoir le 1er septembre 1969, il est peu probable que ses invités internationaux vont lui poser des questions sur le dossier épouvantable de la Libye au chapitre de la liberté de la presse, et saur tous les journalistes qu'on a fait disparaître, qu'on a torturés ou tués au cours des 40 dernières années, disent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI).

Les Libyens qui se montrent critiques à l'égard du régime de Kadhafi continuent à disparaître, les autorités détruisent les sites web d'opposition, il n'y a pas de stations privées de radio ou de télévision, et les journalistes dissidents continuent d'être assassinés, dit l'ANHRI.

Lorsque Kadhafi est arrivé au pouvoir, il a imposé des lois qui forçaient les journaux à se remettre entre les mains de l'État. Des officiers de la révolution faisaient appliquer les lois en confisquant les journaux privés et en restreignant les journaux publiés par les syndicats et les institutions de la société civile, tout en créant des journaux d'une « tendance révolutionnaire dirigée », dit l'ANHRI.

« La majorité des lois reflétaient l'intérêt que portait le régime à se protéger en comblant les trous et en fermant la porte devant toute opinion autre ou tout pouvoir autre qui pût confronter son autorité, et en trouvant ainsi des justifications légales pour opprimer et exclure les autres », dit l'ANHRI.

Selon l'ANHRI, en effet, il n'y a à l'heure actuelle que quatre grands journaux et leur mission consiste à promouvoir les lois et la révolution de 1969 et à glorifier Kadhafi. « Il n'est pas possible de publier quelque idée ou opinion qui contredise les principes et les orientations de la révolution. »

Le CPJ marque l'anniversaire en se remémorant les journalistes disparus et assassinés. Un journaliste et écrivain de Benghazi, Abdullah Ali al-Sanussi al-Darrat, a disparu en 1973 après sa détention sans procès, dit le CPJ. La disparition d'Al-Darrat est survenue au moment où Kadhafi était en train d'annihiler les libertés d'association et d'expression.

Kadhafi a prévenu les critiques que le prix de la dissidence serait le peloton d'exécution. Par exemple, le corps mutilé de Dayf al-Ghazal, ancien journaliste au quotidien « Azahf al-Akhdar », qui appartient au gouvernement, et collaborateur aux sites web « Libya Alyoum » et « Libya Jeel », basés à Londres, a été découvert à Benghazi en juin 2005, après avoir été porté disparu. Un grand nombre de sources du CPJ croient que ses articles en ligne sur la corruption croissante chez les responsables du gouvernement avaient mené à son exécution extra-judiciaire.

D'autres voix alternatives continuent d'être persécutées. Le prisonnier politique Fathi al-Jahmi, que Human Rights Watch qualifiait de « militant éminent de la démocratie et de la liberté d'expression », est mort en mai après avoir été emprisonné pendant sept ans. En avril, Human Rights Watch avait rendu visite à al-Jahmi dans un hôpital carcéral de Tripoli et avait rapporté l'avoir trouvé émacié, frêle et interdit de sortir. Il a sombré par la suite dans le coma et a succombé dans un hôpital de Jordanie. Il avait été arrêté en 2002 après avoir exigé des élections libres, la liberté de la presse et la libération des prisonniers politiques.

Kadhafi a même tenté de faire taire des journalistes hors des frontières de Libye, se servant des ambassades à l'étranger pour intenter des poursuites. Plus récemment, en juin, trois journaux marocains ont été frappés de lourdes amendes pour avoir « fait publiquement du tort » à Kadhafi et avoir « attenté à sa dignité ». Les journaux avaient publié des articles critiquant son régime. Les journalistes libyens en exil sont également visés, certains ont même été tués, dit l'ANHRI.

« Il semble que le président Kadhafi, après avoir renversé la liberté de la presse en Libye, ait entrepris de fixer son attention et son expérience dans la poursuite des journalistes arabes à l'extérieur de son pays. Ainsi, nous devons tous nous tenir debout pour ces journalistes, afin de préserver ce qui reste de liberté de presse dans le monde arabe », dit l'ANHRI.

The Long-Aged Dictatorship: 40 Years of Kadhafi Rule in Libya

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