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Le gouvernement garde le silence sur le cinquième journaliste tué; quatre journalistes sont relâchés

Anton Hammerl, 41 ans, photojournaliste sud-africain basé au Royaume-Uni, a été abattu par les troupes libyennes le 5 avril près de Brega, dans l'est de la Libye. Il travaillait avec trois autres journalistes étrangers lorsqu'ils ont été la cible de tirs d'éléments pro-Kadhafi. Les autres journalistes ont été capturés puis relâchés; ce n'est qu'après qu'ils eurent franchi la frontière et furent entrés en Tunisie qu'ils ont parlé de la mort de Hammerl, par crainte des représailles du gouvernement libyen s'ils l'avaient mentionnée auparavant dans des appels téléphoniques à l'étranger. Les membres de l'IFEX exigent que le gouvernement rende la dépouille de Hammerl et ouvre une enquête sur le rôle des forces armées dans son décès.

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Human Rights Watch et la Fédération internationale des journalistes (FIJ) accusent le gouvernement libyen de retenir l'information sur la mort de Hammerl. Pendant plus de six semaines, le gouvernement a dit qu'il ne détenait pas Hammerl, ou qu'il le retenait en garde à vue en toute sécurité. Les gouvernements étrangers ont été rassurés de manière répétée qu'il était en vie, rapportent l'Institut international de la presse (IIP) et Reporters sans frontières (RSF).

« Les forces du gouvernement libyen ont tué Anton Hammerl il y a six semaines et ont ensuite menti sur ce qui s'est passé », a déclaré Peter Bouckaert, directeur des urgences à Human Rights Watch. « Elles avaient son passeport et elles savaient qu'il était mort. »

Retenir intentionnellement des informations ou offrir de fausses informations sur le sort d'une personne dont l'État a la garde, y compris d'une personne décédée, pourrait équivaloir à une disparition forcée, aux termes du droit international en matière de droits de la personne, dit le CPJ.

Les journalistes américains Clare Morgana Gillis et James Foley, de même que le photographe espagnol Manuel Varela (aussi connu sous le nom de Manuel Brabo) ont été détenus jusqu'au 18 mai puis ont été relâchés à Tripoli, la capitale. Le journaliste britannique Nigel Chandler a lui aussi été relâché au même moment. Les efforts déployés à l'échelle internationale ont réussi à les faire libérer - mais lorsque le Président de l'Afrique du Sud Jacob Zuma s'est rendu à Tripoli les 10 et 11 avril, il n'a pas abordé le cas de Hammerl.

Hammerl, Gillis, Foley et Brabo s'étaient rendus au front le 5 avril pour couvrir les combats. « Nous avons d'abord cru que nous étions coincés entre les lignes de tir. Mais nous avons fini par comprendre qu'ils tiraient sur nous. On pouvait voir et entendre les balles qui atteignaient le sol près de nous », a dit Foley à GlobalPost.

Gillis a décrit sa capture à la revue « The Atlantic » : « Ils nous ont pris notre matériel, nous ont ligotés et nous ont jetés à l'arrière du camion. Et nous avons tous regardé Anton. J'ai vu qu'il était inerte et baignait dans une mare de sang. Jim a tenté de lui parler - “Ça va ?” - et il n'a pas répondu. »

Selon les recherches du CPJ, cinq journalistes ont été tués dans le conflit libyen, au moins 50 d'entre eux ont été détenus, et au moins 15 journalistes libyens et étrangers sont toujours détenus par les autorités.

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