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L'OTAN lance des frappes aériennes contre un média

Trois journalistes ont été tués et 21 autres blessés à Tripoli lorsque des avions de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) ont bombardé le 30 juillet trois tours de retransmission dans le but de retirer des ondes la télévision d'État libyenne. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) ont dénoncé cette attaque.

Selon l'OTAN, « la télévision servait d'élément intégral de l'appareil du régime conçu afin d'opprimer systématiquement et de menacer les civils et d'inciter à des attaques contre eux. La pratique [du dirigeant libyen Muammar] Kadhafi de recourir de plus en plus à la retransmission de propos incendiaires illustre la politique du régime qui consiste à instiller la haine parmi les Libyens, à mobiliser ses partisans contre les civils et à déclencher des bains de sang. »

Dans une lettre qu'il a fait parvenir à l'OTAN, le CPJ demande des explications plus précises sur ce qui a motivé cette attaque, et déclare que « nous nous inquiétons chaque fois que les installations d'un média sont la cible d'une attaque militaire. Les attaques de ce genre ne peuvent se justifier en vertu du droit humanitaire international que si les installations sont utilisées à des fins militaires ou pour inciter à la violence contre la population civile. »

Le CPJ demande que soient produites des preuves précises que des émissions visaient à inciter à la violence. La lettre demande en outre si d'autres frappes aériennes sont prévues, étant donné que la première frappe n'a pas réussi à faire taire la télévision d'État.

Selon la FIJ, le bombardement contrevient à la Résolution 1738 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui condamne les attaques contre les journalistes, qui définit clairement l'équipement et les installations des médias comme des lieux civils qui ne doivent pas être considérés comme cibles de représailles militaires.

« Notre préoccupation vient du fait que lorsqu'un côté décide de s'attaquer aux entreprises de presse parce qu'il considère leurs messages comme de la propagande, alors tous les médias courent des risques », dit la FIJ. « En situation de conflit, le droit international est clair : les journalistes non armés ne peuvent être traités comme des combattants, quelles que soient leurs affiliations politiques. »

La Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, a elle aussi dénoncé la frappe contre Al-Jamahiriya et ses installations : « La frappe de l'OTAN est contraire aux principes des Conventions de Genève qui établissent le statut civil des journalistes en temps de guerre, même lorsqu'ils se livrent à de la propagande. »

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