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Les journalistes sont agressés tandis que les combats se poursuivent

Jomana Karadsheh et Matthew Chance de CNN sont évacués de l’Hôtel Rixos par la Croix-Rouge Internationale le 24 août à Tripoli
Jomana Karadsheh et Matthew Chance de CNN sont évacués de l’Hôtel Rixos par la Croix-Rouge Internationale le 24 août à Tripoli

Paul Hackett/REUTERS

Quatre journalistes italiens qui avaient été enlevés en Libye ont été relâchés la semaine dernière, mais le sort de journalistes, étrangers et locaux - notamment de six reporters libyens portés disparus depuis le commencement du soulèvement en février - reste inconnu tandis que les combats font rage à Tripoli, selon ce que rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

« Les événements de la dernière semaine montrent à quel point la Libye reste dangereuse pour tous les journalistes », dit le CPJ. « Nous espérons que dans la mesure où les hostilités vont se calmer, les allées et venues des journalistes libyens toujours manquants apparaîtront plus clairement. »

Atef al-Atrash, collaborateur aux médias locaux de Benghazi, Mohamed al-Sahim, blogueur et écrivain politique critique; le caricaturiste Mohamed al-Amin et Idris al-Mismar, écrivain et ancien rédacteur en chef de « Arajin », un magazine culturel mensuel, sont portés disparus.

Deux journalistes basés à Tripoli - Salma al-Shaab, chef du Syndicat des journalistes de Libye, et Suad al-Turabouls, correspondant du journal pro-gouvernemental « Al-Jamahiriya » - sont détenus depuis la fin février, mais on n'a plus de leurs nouvelles depuis.

Les quatre journalistes italiens ont été capturés le 24 août par les forces loyales à Kadhafi, puis relâchés le lendemain après un raid sur l'appartement où ils étaient retenus captifs, rapportent le CPJ, Reporters sans frontières (RSF) et la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Leur chauffeur libyen a été tué sous leurs yeux. D'après RSF, les quatre journalistes italiens ont déclaré avoir été bousculés et que leur équipement et leur matériel avaient été confisqués.

RSF rapporte que leur enlèvement est survenu la veille d'une visite en Italie de Mahmoud Jibril, commandant adjoint du Conseil national de transition de Libye, qui devait rencontrer le Premier ministre italien Silvio Berlusconi. Le conseil a été reconnu par de nombreux pays comme gouvernement provisoire de Libye.

Le même jour, Matthew VanDyke, un journaliste américain qui était porté disparu en Libye depuis le 13 mars, était libéré de la prison Abu Salim de Tripoli en même temps que plusieurs autres détenus après que la prison eut été enlevée par les forces rebelles, selon ce que rapporte le CPJ. La mère de VanDyke a déclaré au CPJ que son fils avait été détenu au secret pendant la majeure partie de son incarcération.

Plus tôt au début du mois, Tracey Shelton, une journaliste pigiste australienne, a été attaquée brutalement par deux hommes armés dans sa chambre d'hôtel de Benghazi, mais a réussi à s'échapper en sautant sur un balcon à proximité, dit le CPJ. Elle récupère dans un autre hôtel de Benghazi, sous la protection des rebelles.

Également en août, environ 35 journalistes étrangers, des États-Unis et du Royaume-Uni essentiellement, ont été retenus en otages pendant cinq jours à l'hôtel Rixos de Tripoli, selon ce que rapportent le CPJ et RSF. Matthew Chance de CNN a déclaré pour sa part que les journalistes ont négocié leur libération avec des gardes armés.

Des journalistes présents dans l'hôtel ont indiqué que des tireurs embusqués étaient disposés autour de la propriété où des éléments pro-Kadhafi opéraient toujours. D'après RSF, les journalistes avaient peu de nourriture et subissaient de fréquentes interruptions de l'approvisionnement en eau et en électricité.

Une bande vidéo du « Guardian » montre les reporters et les photojournalistes coincés à l'intérieur.

Les journalistes qui ont passé au Rixos au cours des six derniers mois ont dit avoir craint de devenir des boucliers humains pour le régime dans l'éventualité d'un assaut des forces rebelles, rapporte le « Guardian ». Des officiels du régime ont régulièrement accusé les journalistes étrangers d'être des espions et de transmettre des renseignements à l'OTAN et aux forces rebelles.

Tandis que les forces loyales à Kadhafi refusent de se rendre, les journalistes sont toujours dans la ligne de mire. Deux journalistes français, le photographe Alvaro Canovas de Paris Match et le caméraman Bruno Girodon de France 2, ont subi des blessures par balle la semaine dernière tandis qu'ils couvraient les combats de Bab al-Azizya, le quartier général de Kadhafi à Tripoli, selon ce que rapportent RSF et le CPJ.

Un journaliste russe, Orkhan Djamal, du quotidien « Izvestia », a été blessé à une jambe lors des combats de Tripoli le 22 août, rapporte RSF.

Le CPJ et RSF pressent toutes les parties impliquées d'assurer la sûreté des journalistes en Libye.

Pour sa part, ARTICLE 19 invite le conseil à garantir le droit à la libre expression dans la Charte constitutionnelle intérimaire, conformément au droit international et aux normes reconnues en matière de droits de la personne.

« L'absence de liberté d'expression sous le gouvernement Kadhafi a mené à des violations généralisées et systématiques des droits de la personne; le Conseil national de transition a le devoir envers le peuple libyen de ne par répéter ce comportement », dit ARTICLE 19.

Sur le terrain, il y a de l'espoir. À Benghazi, prise par les rebelles en février, de jeunes activistes « utilisent tous les moyens possibles pour s'exprimer », dit Shahira Amin, une journaliste libyenne et animatrice de la télévision qui a démissionné en février dernier de son poste de vice-directrice de la chaîne « Nil TV », administrée par l'État, qui écrivait pour Index on Censorship.

« Les graffiti sur les murs, l'ouverture de nouvelles stations de radio et de télévision sur Internet, les débats publics sur l'avenir du pays, le bénévolat accru et l'activisme politique, voilà autant de manifestations de cette liberté nouvellement acquise », dit-elle - signes que les Libyens vont de l'avant et construisent une Libye nouvelle et démocratique.

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