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Les membres de l'IFEX exigent l'abrogation de la loi qui interdit les insultes à l'État et la glorification de Kadhafi

Human Rights Watch et Reporters sans frontières (RSF) pressent le gouvernement par intérim de la Libye d'abroger une nouvelle loi d'une grande portée qui interdit de critiquer la révolution de l'an dernier et de répandre de fausses nouvelles ou de la « propagande » mettant l'État en danger.

Selon les membres, sont inclus dans la « propagande » la glorification du dictateur renversé Muammar Kadhafi, son régime et ses fils. Si les déclarations offensantes nuisent au pays, dit la loi, le contrevenant est passible de la prison à vie.

La loi peut également servir contre toute personne qui insulte un éventail de corps constitués - l'islam, le prestige ou les institutions de l'État, voire le peuple libyen lui-même, la devise du pays ou son drapeau. On ne précise pas ce qui constitue un délit, disent les membres.

La loi proclamée la semaine dernière fait partie d'une série de lois que le Conseil national de transition (CNT), l'organisme de ceux qui gouvernent la Libye par intérim, a décrétées récemment afin de régler l'héritage de Kadhafi. Les membres de l'IFEX disent que ces lois violent la liberté de parole, qu'elles ne respectent pas les engagements internationaux de la Libye au chapitre des droits de la personne, et qu'elles sont trop vagues pour être appliquées.

« Les termes de cette loi rappellent tristement la législation oppressive du régime de Kadhafi; son adoption constitue une menace pour la transition démocratique en Libye et pour tous les médias qui ont fait leur apparition depuis le début de la révolution », indique RSF.

Selon les membres de l'IFEX, sous Kadhafi, le fait de le critiquer, lui ou la révolution qui l'avait porté au pouvoir, était punissable de la peine de mort.

Sarah Leah Whitson, directrice du bureau Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch, a déclaré que la nouvelle législation sur la liberté de parole représentait une « gifle » au visage des Libyens qui se sont battus pour une Libye nouvelle dotée de meilleurs droits de la personne.
« Il semble que le CNT ait fait du “coupé collé” avec les lois de l'ère Kadhafi », dit Whitson. « Les nouveaux dirigeants de la Libye devraient savoir que les lois qui restreignent ce que les gens peuvent dire peuvent conduire à une nouvelle tyrannie. »

Human Rights Watch appelle les gouvernements qui soutiennent la transition en Libye, ainsi que la mission de l'ONU en Libye, à condamner cette loi et toutes les autres tentatives en vue de restreindre la liberté de parole, d'expression et d'assemblée.

Un groupe d'avocats libyens spécialistes des droits de la personne a déclaré à Human Rights Watch qu'ils allaient contester la loi devant la Cour suprême du pays.

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