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RSF demande au gouvernement d'union nationale de Libye de protéger les journalistes

Ministre de la Défense dans le gouvernement d’union nationale de Libye parle au cours d'une conférence à Benghazi, en Libye 4 Juin, 2016
Ministre de la Défense dans le gouvernement d’union nationale de Libye parle au cours d'une conférence à Benghazi, en Libye 4 Juin, 2016

REUTERS/Esam Omran Al-Fetori

Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 1 juillet 2016.


Reporters Sans Frontières (RSF) dénonce les dernières exactions commis contre les journalistes en Libye, et notamment l'assassinat jeudi 23 juin 2016 de Khaled Al Zentani, ex-directeur du bureau local de Zentan TV à Benghazi . Le journaliste a été abattu à Benghazi par un tir de sniper du groupe Etat Islamique (EI).

Le 23 juin 2016, Khaled Al Zentani, journaliste pour plusieurs médias dont Zentan TV et Skynews, couvrait les affrontements dans les quartiers ouest de la ville de Benghazi entre l'armée de l'est Libyen et les groupes extrémistes de l'EI, avant d'être touché par une balle qui lui a été fatale. Selon nos sources, le freelance âgé de 37 ans aurait été clairement visé par l'EI. En mars 2016, Ali Al Asbli, net citoyen, a pour sa part disapru à 100 km de Benghazi, probablement enlevé. En janvier, Badr Al Rabehi, correspondant de la chaîne Libya HD à Benghazi, a été enlevé par un organe de renseignement militaire rattaché, selon nos sources, à l'auto-proclamée Armée nationale libyenne du général Khalifa Haftar.

Il a été interrogé trois jours durant lesquels il a été victime d'agressions physiques et verbales. Les disparitions des Tunisiens Sofiane Chourabi et Nadhir Guetari en septembre 2014 vers Ajdabiya restent pour leur part encore non-élucidées à ce jour.

“Nous déplorons profondément ces exactions et l'assassinat de Khaled qui porte à huit le nombre de journalistes tués en Libye depuis 2014, déclare Yasmine Kacha, responsable du bureau Afrique du Nord de l'organisation. Les criminels continuent d'agir en toute impunité. Nous réitérons notre appel au gouvernement d'union nationale récemment installé à Tripoli pour qu'il s'engage publiquement à protéger les journalistes et qu'il fasse de la lutte contre l'impunité une priorité.”

D'autres cas d'enlèvements et d'agressions ont été rapportés à RSF à l'est et l'ouest du pays, mais les familles des victimes, souvent prises en étau entre la peur des représailles des milices qui sévissent dans le pays ou du groupe Etat islamique, ne souhaitent pas voir rendu public le nom des disparus.

En mars 2016, un Gouvernement d'union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale, et dirigé par Fayez el-Sarraj, s'est installé à Tripoli en se donnant pour priorité la lutte contre les islamistes extrémistes essaimant sur une bande littorale d'environ 200 km à partir de la ville d'Abu Grayin, dans la région de Syrte. Cependant, le GNA n'est pas encore parvenu à fédérer toutes les forces militaires en présence, notamment dans l'est du pays, où les fidèles du général Khalifa Haftar, soutenu par plusieurs tribus de Cyrénaïque, refusent d'être marginalisés par Fayez el-Sarraj. Dans cette lutte de pouvoir complexe, les professionnels et non-professionnels des médias sont pris aux pièges entre les différentes forces en présence et ne sont pas en mesure d'exercer librement leur métier.

La Libye est 164e sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2016 établi par RSF.

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