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Le bras de fer opposant le président et le maire de la capitale rejaillit sur les médias

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières exprime sa très vive préoccupation au terme d'une "semaine noire" pour la liberté de la presse, après que l'affrontement politique entre le président de la République, Marc Ravalomanana, et le maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, ait débordé sur les médias. Le 26 janvier 2009, l'émetteur de la station privée Radio Viva, propriété d'Andry Rajoelina, a été détruit, tandis que les locaux de la Radio Nationale Malgache (RNM) ont ensuite été saccagés par ses partisans. Au cours des jours précédents, plusieurs radios du pays ont été menacées de fermeture.

"Dans ce climat politique très tendu, nous déplorons que les médias soient pris pour cible, et en appelons au calme et à la responsabilité de chacun des acteurs. Le président doit être conscient que la fermeture de médias privés est une mesure grave qui fait peser le danger d'un sérieux recul de la liberté de la presse à Madagascar. Andry Rajoelina doit pour sa part veiller à ce que les médias dont il est propriétaire demeurent. impartiales, respectent la déontologie journalistique et ne se rendent pas coupables d'attaques personnelles ou de diffamation", a déclaré l'organisation.

Le signal de Radio Viva coupé, les locaux de la radio nationale saccagés

Le 26 janvier 2009, vers 3 heures du matin (heure locale), un groupe d'hommes armés a tiré plusieurs coups de feu sur le siège de la station privée Radio Viva et s'est emparé de son émetteur. Les tirs n'ont pas fait de blessés, mais le signal de la radio est désormais coupé. Selon deux sources locales concordantes, les auteurs de l'attaque ne parlaient pas malgache mais anglais, et pourraient être des mercenaires étrangers, engagés par le gouvernement. En milieu de journée, en guise de représailles, quelques centaines de partisans d'Andry Rajoelina ont attaqué les locaux de la radio nationale RNM, sortant ordinateurs, meubles et dossiers, et mettant le feu au bâtiment. Depuis, la télévision nationale (TVM) ainsi que la radio nationale ne diffusent plus sur Antananarivo.

Plusieurs radios menacées de fermeture

Dans le courant de la semaine dernière, le chef de district de Manakara (côte est) a adressé une note écrite à la radio Ravinala, la menaçant de fermeture, pour avoir invité des leaders locaux de l'opposition et diffusé un discours d'Andry Rajoelina. Pour les mêmes motifs, une autre station, la radio Feon'i Mania ("La voix de la Mania"), située à Ambositra (Centre), a été menacée verbalement de fermeture par le chef de la région, René Rasoloarimanana. Les journalistes de la radio ont demandé à ce dernier de consigner sa "note" par écrit.

Une escalade de la violence consécutive à la fermeture, en décembre, de Viva TV

La récente crise a été précipitée par la fermeture, le 13 décembre 2008, par le gouvernement, de la chaîne de télévision privée Viva, également propriété d'Andry Rajoelina. Les autorités reprochaient à la chaîne des propos jugés susceptibles de "troubler l'ordre et la sécurité publique", suite à la diffusion d'une interview de l'ancien président de la République, Didier Ratsiraka, en exil à Paris depuis 2002.

Le 13 janvier, le propriétaire de Viva TV avait fixé un ultimatum au gouvernement pour la réouverture de sa télévision. Devant l'absence de réponse des autorités, la chaîne avait diffusé, le 18 janvier, en fond d'écran, un portrait fixe d'Andry Rajoelina, ce qui lui a valu l'enlèvement manu militari de son émetteur.

Outre l'organisation de meetings politiques, le maire d'Antananarivo a également répondu à la fermeture de sa télévision par la création d'une émission matinale quotidienne sur la liberté d'expression et la démocratie, diffusée sur Radio Viva et intitulée "Anao ny fitenenana" (A vous la parole). Le 20 janvier, les responsables de Radio Viva ont reçu une lettre de mise en demeure de la part du ministre des Télécommunications, des postes et de la communication, Bruno Andriantavison, accusant la station "d'inciter à la désobéissance civile et d'ébranler la confiance du public envers les institutions de la République".

L'affrontement politique entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana a pris des proportions inquiétantes ce week-end. Le maire d'Antananarivo a dénoncé une "dictature générale" à Madagascar, tandis que le président de la République a qualifié de "tentative de coup d'État" le meeting organisé par son rival, le 24 janvier, dans la capitale.

Mise à jour du cas Viva TV: http://www.ifex.org/fr/content/view/full/99380

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