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LE GOUVERNEMENT RECOURT À LA LOI SUR LA SÉCURITÉ POUR FAIRE TAIRE LES CRITIQUES

Un éminent blogueur, un journaliste et un politicien d'opposition ont été arrêtés la semaine dernière en vertu de la draconienne Loi sur la sécurité intérieure de Malaisie (Internal Security Act, ISA), dans une opération que certains membres et militants de l'IFEX qualifient de début d'une vaste campagne de répression entreprise à la veille d'une poussée prévue de l'opposition en vue d'obtenir le contrôle du parlement.

Le plus important blogueur de Malaisie, Raja Petra Kamaruddin, qui critique avec virulence le gouvernement sur son site web « Malaysia Today », a été le premier à être retenu en garde à vue le 12 septembre, selon ce que rapportent l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud-Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA) et d'autres groupes membres de l'IFEX.

Tan Hoon Cheng, journaliste au quotidien « Sin Chew Daily », un journal en langue chinoise qui avait couvert récemment un accès de colère controversé d'un membre du parti au pouvoir qui avait qualifié de « squatters » la communauté d'origine chinoise, et Teresa Kok, une législatrice du DAP, qui a sa base dans cette même communauté, et vice-première ministre de Selangor, ont aussi été arrêtés en vertu de l'ISA, indique la SEAPA.

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) rapporte que, dans un récent reportage, Tan avait cité un haut responsable du parti politique du premier ministre qui décrivait les Malaisiens d'origine chinoise comme des « immigrants assoiffés de pouvoir ».

D'après les reportages locaux, Tan a été relâché le lendemain mais les autres sont toujours détenus.

Un blogueur et avocat spécialiste des affaires des droits de la personne, Haris Ibrahim, aurait été arrêté après avoir affiché sur son site web, « The People's Parliament » (Le parlement du peuple), des nouvelles sur les arrestations, rapporte le Centre pour le journalisme indépendant (Centre for Independent Journalism, CIJ) de Malaisie.

Le CIJ craint d'autres arrestations. Les mesures « présentent une ressemblance troublante avec la période qui a précédé l'Operasi Lalang, en 1987 », dit le CIJ, quand des dizaines de militants, d'artistes, d'universitaires et de politiciens ont été détenus. « Les deux incidents sont similaires en ce qu'ils sont reliés à la crise politique qui sévit toujours au sein de l'UMNO (le parti au pouvoir en Malaisie), mais que le gouvernement présente sous les traits de prétendues tensions raciales. »

Juste une semaine auparavant, trois journaux malaisiens - le « Sin Chew Daily », le « Sun » et « Suara Keadilan » - ont été menacés de suspension, rapporte la SEAPA. Le « Communiqué de l'IFEX » a publié récemment une histoire sur la façon dont l'accès au site web de Raja Petra a été bloqué pendant une semaine, sur les ordres du gouvernement.

L'ISA permet l'arrestation d'une personne sans que des accusations ne soient portées contre elles et sa détention sans motifs pendant 60 jours. Le gouvernement malaisien a eu recours, à plusieurs reprises, à cette loi pour réduire au silence les critiques du gouvernement et les adversaires politiques.

RSF, la SEAPA et d'autres groupes membres de l'IFEX appellent à l'abolition de l'ISA.

Depuis le 13 septembre, d'importantes manifestations de l'opposition sont prévues dans les principales villes afin de protester contre le recours à l'ISA. Le 15 septembre, plus de 10 000 personnes se sont rassemblées dans un stade sportif de Kuala Lumpur pour exiger l'abrogation de l'ISA et la libération de Raja Petra, rappelle Reporters sans frontières (RSF). Selon RSF, le ministre des Affaires juridiques, Zaid Ibrahim, a démissionné pour protester contre le recours à cette loi.

La coalition au pouvoir, Barisan Nasional (BN), a été humiliée aux élections de mars et est maintenant menacée par les plans de l'opposition, dit http://www.Malaysiakini.com , principale source d'informations en ligne du pays.

Le site de nouvelles a ajouté que l'on croit que le premier ministre Abdullah Ahmad Badawi aurait lancé la vague de répression afin de renforcer sa position au sein de l'UMNO. Il ferait face à des pressions croissantes de dirigeants du parti pour qu'il se retire avant 2010, année qu'il avait prévue pour transférer le pouvoir à son dauphin.

Consulter les sites suivants :
- SEAPA : http://tinyurl.com/3mw5mt
- CIJ : http://www.cijmalaysia.org/
- RSF, avec appel vidéo de l'épouse de Raja Petra :
http://www.rsf.org/article.php3?id_article=28556
- CPJ : http://tinyurl.com/49vdow
- Human Rights Watch : http://tinyurl.com/6jewrf
- Fédération internationale des journalistes : http://tinyurl.com/5n3l8l
(17 septembre 2008)

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