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LE GOUVERNEMENT POURCHASSE LES BLOGUEURS QUI CRITIQUENT LA ROYAUTÉ

Huit personnes ont été mises en accusations pour avoir critiqué sur Internet le sultan de Perak, en Malaisie, pendant que les autorités intensifient la répression contre les blogueurs, selon ce que rapportent le Centre pour le journalisme indépendant (Centre for Independent Journalism, CIJ), qui est membre de l'IFEX par intérim, et Amnistie Internationale.

Le 13 mars, le gouvernement a procédé à une rafle des blogueurs à l'échelle du pays et a inculpé six d'entre eux d'avoir « insulté » la famille royale de Perak dans divers blogues sur Internet.

La semaine suivante, l'homme d'affaires Fouad Ariff Abdul Rashid et sa femme, Fatimah Maisurah Abdullah, qui est avocate, ont été inculpés de deux chefs d'accusation d'avoir affiché des commentaires critiques du sultan sur le site web officiel du dirigeant, rapporte Amnistie Internationale.

« (Nous) sommes inquiets que les accusations ne signalent de début d'une vague de répression contre la libre expression en ligne et une érosion du droit de discuter du rôle de la monarchie malaisienne », ont déclaré le CIJ et l'Alliance des écrivains de Malaisie pour l'indépendance des médias (Writers Alliance for Media Independence, WAMI).

Les délits sont passibles d'une amende maximale de 50 000 ringgits (13 800 $ US) ou d'une peine maximale d'un an de prison, conformément à la Loi du pays sur les communications et le multimédia. Mais les dispositions de la loi elle-même prévoient que celle-ci ne peut être utilisée pour censurer l'Internet, dit le CIJ. C'est la première fois que la loi est invoquée pour mettre des gens en accusation pour des commentaires affichés en ligne.

Des huit personnes inculpées, une a déjà plaidé coupable et été condamnée à une amende de 10 000 ringgits (2 800 $US). Les sept autres attendent leur procès après avoir été libérées sous caution.

Les charges contre les huit prévenus surviennent pendant que se déroule une lutte pour le pouvoir au gouvernement de l'État de Perak. Dans un geste controversé, le sultan de Perak a accepté la défection de trois membres de l'assemblée d'État qui ont quitté les rangs de l'opposition, ce qui permet à la coalition Barisan Nasional (BN) de reprendre le contrôle - même si elle a perdu l'État lors de l'élection générale de 2008.

La coalition BN, qui gouverne sur la scène nationale, est accusée de tenter d'étouffer le débat sur le rôle de la monarchie.

« L'Internet est l'un des rares endroits encore accessibles où les Malaisiens peuvent exprimer leurs vues dans une relative liberté, et il semble maintenant que le gouvernement étendra à la toile les restrictions imposées à la liberté de la presse », dit Amnistie. « Pour un pays qui prétend être à la fine pointe de la technologie des communications, c'est un pas en arrière bien troublant. »

En tant que dirigeante de la fédération et qu'institution malaise, la royauté est un sujet largement tabou en Malaisie. Tout comme la loi thaïlandaise sur le crime de lèse-majesté, en vertu de ses dispositions très étendues, la Loi sur la sédition, qui a été promulguée pendant une période de fortes tensions ethniques, protège les membres de la famille royale de Malaisie contre la diffamation.

Le parlementaire d'opposition et avocat Karpal Singh a été inculpé de sédition à cause de la menace qu'il a faite de poursuivre le sultan de Perak au sujet de la crise politique au Perak, disent le CIJ et Amnistie.

Il a reçu des menaces de mort et il a été agressé par un groupe de jeunes membres de l'UMNO (Organisation nationale malaise unie, United Malays National Organisation), l'organisation à la tête de la coalition au pouvoir. Selon Amnistie, cependant, le Barreau de Malaisie, fort de 13 000 membres, défend le droit de Singh de faire entendre son opinion.

Consulter les sites suivants :
- CIJ : http://www.ifex.org/en/content/view/full/101651
- Amnistie : http://tinyurl.com/d5765z
- Page de l'IFEX sur la Malaisie : http://tinyurl.com/3o3ywy
(25 mars 2009)

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