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Quatre-vingts personnes sont arrêtées dans un affrontement à propos du contrôle de l'État de Perak

La semaine dernière, le gouvernement malaysien du nouveau premier ministre Najib Abdul Razak a arrêté près de 80 écrivains, députés de l'opposition et militants qui protestaient contre la prise de contrôle de l'État de Perak, situé dans le nord du pays, par Barisan Nasional, la coalition au pouvoir au gouvernement fédéral, selon ce que rapporte le Centre pour le journalisme indépendant (CIJ) de Malaisie, membre par intérim de l'IFEX.

La vague d'arrestations a commencé le 5 mai, lorsque la police s'en est prise d'abord à l'écrivain et universitaire Wong Chin Huat. En tant que porte-parole de la Coalition pour des élections libres et honnêtes (Coalition for Free and Fair Elections, BERSIH), Wong a contribué à lancer la campagne « 1BlackMalaysia », demandant aux Malaysiens de porter du noir le 7 mai, jour où l'Assemblée législative de l'État de Perak devait se réunir.

Wong a été arrêté chez lui et mis effectivement hors jeu lorsque la police a obtenu contre lui une ordonnance de détention jusqu'au 8 mai. Wong préside également l'Alliance des écrivains pour l'indépendance des médias (Writers' Alliance for Media Independence, WAMI) et il a beaucoup écrit contre les moyens antidémocratiques auxquels la coalition au pouvoir a eu recours pour y arriver.

Selon le CIJ, le cas de Wong constitue « un geste d'intimidation de la police contre des militants critiques du gouvernement. Les citoyens et les groupes d'intérêt ont le droit d'exprimer leurs vues et opinions politiques sans crainte de persécution. »

Soixante autres personnes ont été arrêtées le 6 mai lors d'un rassemblement de protestation à Ipoh, capitale de Perak, dont huit parlementaires du pacte d'opposition Pakatan. Et encore quatorze autres personnes ont été détenues pour avoir participé, devant un poste de police de Kuala Lumpur, à une vigile à la chandelle en appui à Wong.

Les arrestations surviennent sur fond de lutte pour le pouvoir au sein du gouvernement de l'État de Perak. En février dernier, dans une démarche controversée, le Sultan de Perak a accepté la défection de trois membres de l'opposition à l'assemblée d'État, ce qui a permis à la coalition « Barisan Nasional » de reprendre le contrôle - même si elle avait perdu l'État lors de l'élection générale de 2008. Barisan Nasional a aussi été accusée de tenter de clore le débat sur le rôle de la monarchie.

Selon le CIJ, sans aucune réforme des lois, des institutions censément indépendantes comme les forces policières, les médias grand public et l'ordre judiciaire demeurent enchaînées et deviennent les « instruments du maintien au pouvoir du gouvernement en place ».

Les actions de Najib « soulèvent la crainte que la présente vague de répression sera suivie de beaucoup d'autres », prévient le CIJ.

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