RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

L'atmosphère est « euphorique », en dépit de l'arrestation des manifestants

Comme prévu, les dizaines de milliers de manifestants non violents qui sont descendus dans les rues de Kuala Lumpur pour exiger une réforme électorale se sont heurtés à la violence policière et aux arrestations, selon ce que rapportent le Centre pour le journalisme indépendant (Centre for Independent Journalism, CIJ) et ARTICLE 19. Mais l'humeur en Malaisie est « euphorique », dit le CIJ : le rassemblement, tenu en dépit de l'interdit du gouvernement, a été le plus important de toute l'histoire de la Malaisie.

Plus de 1 600 personnes ont été arrêtées le 9 juillet, certaines d'entre elles ayant été directement la cible de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Des policiers de l'escouade antiémeute armés de bâtons ont employé la force afin d'empêcher les foules de se rendre au stade Merdeka; la Coalition pour des élections libres et équitables (connue sous le nom de Bersih 2.0) avait d'abord accepté de tenir la manifestation au stade en raison de l'inquiétude des autorités qu'une manifestation de rue ne se transforme en émeute, mais elle a décidé de reprendre la marche après que la police eut refusé de fournir le permis nécessaire.

« En adoptant une attitude aussi rigide contre les militants de la société civile qui demandent la tenue d'élections libres et équitables, le gouvernement malaisien empêche l'expression politique légitime et fait gravement reculer la démocratie en Malaisie », dit ARTICLE 19.

Tous les manifestants arrêtés lors du rassemblement ont été relâchés sans qu'aucune accusation ne soit portée contre eux.

D'après Amnistie Internationale, un manifestant, Baharuddin Ahmad, 56 ans, s'est effondré près des célèbres tours Petronas tandis qu'il fuyait les gaz lacrymogènes. Son décès a été constaté plus tard à l'hôpital. Amnistie demande aux autorités de faire enquête sur les affirmations selon lesquelles la police a omis d'apporter une assistance appropriée à Ahmad avant son décès, sur des rapports notamment selon lesquels une ambulance est arrivée sur les lieux 90 minutes après le malaise de Ahmad.

Le leader de l'opposition, Anouar Ibrahim, a été blessé après qu'une capsule de gaz eut été tirée dans sa direction, et Khalid Samad, député du Parti islamique panislamique (PAS), a été blessé après avoir été frappé au cou par une capsule, rapporte Amnistie.

Dans une vidéo qu'on peut voir sur YouTube, des agents en civil frappent à coups de pied un manifestant étendu au sol tandis qu'un policier en uniforme observe la scène.

Selon le CIJ, on a des récits de gens arrêtés dès leur descente de train dans les quartiers périphériques de la ville, ou parce qu'ils portaient des T-shirts, jaunes, la couleur du Bersih.

Mais à l'heure actuelle, l'humeur en Malaisie est « euphorique », dit le CIJ. « Les Malaisiens ont vaincu leur peur de faire quelque chose considéré comme “illégal” par le gouvernement et revendiquent de nouveau un droit fondamental. Nous avons découvert la solidarité, la camaraderie et la fierté renouvelée d'être des Malaisiens alors que les relations ethniques ont été fracturées ces dernières années à cause des politiques hégémoniques du Barisan Nasional [le parti au pouvoir] », dit le CIJ.

Quarante personnes arrêtées pendant les préparatifs du rassemblement risquent toujours des poursuites. La plupart ont été inculpées, aux termes de l'article 49 de la Loi sur les sociétés, de possession de matériels illégaux, dont des T-shirts du Bersih.

Six membres du Parti socialiste (PSM) sont détenus de manière indéfinie depuis le 2 juillet, sans accusations, aux termes de l'Ordonnance d'urgence. L'un d'eux, le député Jeyakumar Kumar, a été hospitalisé le 10 juillet pour des troubles cardiaques après plusieurs jours d'interrogatoires prolongés. Le CIJ, Amnistie et d'autres groupes de défense des droits s'activent à obtenir leur remise en liberté.

Amnistie demande en outre au gouvernement du Royaume-Uni et au Vatican de faire pression auprès du Premier ministre Najib Razak pour qu'il respecte les droits de la personne quand celui-ci se rendra en visite officielle en Europe plus tard cette semaine.

ADDITIONAL INFORMATION
Alertes liées au même sujet sur ifex.org
  • Le gouvernement alimente les tensions qui entourent un rassemblement en faveur d'élections propres

    Un rassemblement organisé pour demander des élections libres et équitables en Malaisie n'a toujours pas eu lieu, mais ses promoteurs et ceux qui en ont parlé dans les journaux se font harceler et sont arrêtés, selon ce que rapportent le Centre pour le journalisme indépendant (Centre for Independent Journalism, CIJ), l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud‑Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA), Human Rights Watch et d'autres groupes membres de l'IFEX. Les membres demandent au gouvernement malaisien d'autoriser la marche du 9 juillet et aux journalistes de couvrir la manifestation sans avoir à craindre des représailles.



Dernier Tweet :

Thread: 6 international #pressfreedom NGOs, including our members @RSF_en, @CPJ_Eurasia, @globalfreemedia &… https://t.co/bcRohAD1XU