RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Des journalistes sont visés lors d'un rassemblement en faveur de réformes électorales

Les forces de sécurité ont attaqué la semaine dernière à Kuala Lumpur des journalistes locaux et étrangers à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau pendant qu'elles s'abattaient sur un rassemblement qui réclamait une réforme électorale, selon ce que rapportent le Centre pour le journalisme indépendant de Malaisie (Centre for Independent Journalism, CIJ), ainsi que des membres internationaux de l'IFEX.

Des dizaines de milliers de manifestants qui demandaient une réforme électorale se sont rassemblés à la manifestation du 28 avril, convoquée par une organisation non partisane appelée Coalition pour des élections libres et honnêtes (Coalition for Clean and Fair Elections), ou Bersih. Human Rights Watch estime qu'environ 500 personnes ont été arrêtées et des dizaines d'autres blessées après que les forces policières eurent commencé à réprimer le rassemblement.

Le CIJ a recensé au moins 12 cas de journalistes qui ont été visés. Par exemple, Radzi Razak, journaliste au quotidien « The Sun », a été admis à l'hôpital en raison de blessures subies lors d'une attaque menée par au moins sept policiers.

Wong Onn Kin, photographe au quotidien chinois « Guang Ming Daily », a été tabassé par les forces de sécurité tandis qu'il prenait des photos du rassemblement. Il a été brièvement arrêté et s'est fait confisquer son appareil photo. Pour sa part, Koh Jun Lin, photojournaliste au site de nouvelles en ligne Malaysiakini, a été détenu temporairement après voir pris des photos.

Les journalistes étrangers ne sont pas épargnés. Harry Fawcett, correspondant d'Al-Jazeera, a rapporté que la police avait agressé son équipe de tournage et avait endommagé son équipement pendant que celle-ci documentait les arrestations et les mauvais traitements infligés aux manifestants.

« Nos organisations considèrent ces incidents comme des agressions concertées contre la liberté des médias, étant donné qu'elles semblent être destinées à empêcher la documentation par des journalistes professionnels de violence policière alléguée contre certains manifestants du Bersih », dit le CIJ dans une déclaration conjointe émise avec d'autres groupes de médias locaux.

Le ministre de l'Intérieur, Hisamuddeen Hussain, a annoncé que la police ferait enquête sur les allégations de violence dirigée contre la presse. Mais il a ajouté que la police avait agi de manière professionnelle et avait fait preuve de retenue, et qu'un groupe de « manifestants avait tenté de provoquer une confrontation violente avec la police ».

D'après le CIJ, ces derniers mois, la police cible ceux qui tentent de documenter les rassemblements pacifiques au moyen de photos et de vidéos. Encore la semaine dernière, le camp d'Occupons Dataran a reçu la visite des policiers - « ostensiblement dans le but de déjouer toute tentative pour documenter la violence et en identifier les auteurs, ce qui nous ramène au rassemblement du Bersih », dit le CIJ.

« Au lieu de tenter de fermer les livres sur la question des manifestations, le gouvernement devrait ouvrir une enquête impartiale et transparente sur les actions de la police », déclare Human Rights Watch. « Que le gouvernement aime cela ou pas, il y aura d'autres manifestations et la police devra faire un meilleur travail afin d'assurer la sécurité et le respect des droits de la population. »

Dernier Tweet :

Like many of you, we are committed to using every tool at our disposal to defend and promote freedom of expression.… https://t.co/Sihp8O28J1