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UN ANCIEN MINISTRE EST DÉTENU POUR AVOIR DÉNONCÉ L'ARMÉE

Un chercheur indépendant et ancien ministre détenu pour avoir critiqué l'armée mauritanienne, risque sept ans de prison, selon ce que rapportent la Fondation pour les médias en Afrique de l'Ouest (Media Foundation for West Africa, MFWA) et les dépêches.

Isselmou Ould Abdelkader a été inculpé le 26 octobre de « mensonge » et « d'avoir sapé le moral de l'armée » pour avoir critiqué la nouvelle junte militaire de la Mauritanie dans une émission d'interview-variétés. Les charges pourraient lui valoir jusqu'à sept ans de prison.

Au cours d'un débat retransmis en direct à l'émission télévisée « Point Lumineux » le 6 octobre, Abdelkader a critiqué la nouvelle junte militaire, arrivée au pouvoir le 6 août à l'occasion d'un coup d'État sans effusion de sang. D'après le site web de nouvelles arabes Menassat.com, Abdelkader a déclaré pendant l'émission « le chef du conseil militaire est un danger pour le pays, avec ses coups à répétition; la garde présidentielle dirigée par (le général et maintenant dirigeant intérimaire) Ould Abdel Aziz est une milice armée, et certains de ses membres sont des étrangers. »

Abdelkader, qui travaillait comme ministre sous le régime du président déposé, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, a depuis été transféré dans une prison civile à Nouakchott.

Deux des membres du personnel de la station, Sidi Ould Lemjad, l'animateur de l'émission, et Limam Cheikh Ould Ely, directeur de la télévision mauritanienne, ont été congédiés le 9 octobre, à la suite de la diffusion de l'émission. La semaine dernière, Cheikh Ould Ely a été arrêté et interrogé par la Gendarmerie nationale.

La MFWA « condamne ces actes de répression de la liberté de parole en Mauritanie et appelle les autorités à libérer Abdelkader sans conditions et à réintégrer les deux membres du personnel congédiés. »

La famille et les partisans d'Abdelkader affirment que celui-ci refuse d'offrir des excuses pour ses remarques. « J'aimerais mieux mourir pendu plutôt que de retirer ces propos », a déclaré Abdelkader après avoir entendu les chefs d'accusation.

Le coup d'État du mois d'août, à l'occasion duquel la junte militaire d'Abdel Aziz a renversé le président Abdallahi et l'a assigné en résidence, a fait l'objet de nombreuses condamnations, tant à l'échelon local qu'au palier international. Des protestations d'hostilité au coup ont été violemment dispersées, et des journalistes qui couvraient les événements ont été agressés et menacés.

D'après Menassat, les groupes locaux de défense des droits, comme le Forum des organisations nationales des droits de l'homme (FONADH), protestent contre l'arrestation d'Abdelkader, soulignant qu'elle illustre une politique consistant à réduire au silence les voix libres et à étouffer les médias en châtiant quiconque ose critiquer le nouveau gouvernement.

L'Union européenne a émis cette semaine un ultimatum à la junte militaire de Mauritanie, lui intimant de présenter d'ici un mois un plan en vue de restaurer la légitimité constitutionnelle dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, ou de faire face à des « mesures appropriées ».

Consulter les sites suivants :
- MFWA : http://tinyurl.com/6g5lyc
- Page de l'IFEX sur la Mauritanie : http://tinyurl.com/69s5yz
- Menassat : http://tinyurl.com/5a8t8y
- AFP : http://tinyurl.com/6mlvdx
(29 octobre 2008)

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