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Un rédacteur en chef est incarcéré pour avoir critiqué la junte militaire

Dans un geste qui a surpris les groupes de défense de la liberté de la presse, le rédacteur mauritanien d'une publication en ligne critique des dirigeants du pays, actuellement incarcéré, a été condamné le 4 février à deux ans de prison de plus, rapportent le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arab Network for Human Rights Information, ANHRI), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF).

La condamnation est survenue en dépit des mesures prises par le gouvernement pour améliorer la liberté de la presse, notamment ce que RSF qualifie de « la meilleure législation sur les médias dans la sous-région », adoptée en 2005.

Après avoir été détenu pendant six mois, Hanevy Ould Dehah, rédacteur en chef de « Taqadoumy », a été condamné pour avoir commis des actes contraires à l'Islam et à la décence, rapportent les membres de l'IFEX. Après avoir terminé sa peine de six mois, il a été retenu illégalement en prison et soumis à un autre procès à cause de « fautes de procédure lors du premier procès », rapporte le CPJ.

Une junte militaire a dirigé le pays d'août 2008 à août 2009, et le chef de la junte, Mohammed Ould Abdel Aziz, a depuis été élu à la présidence, dit le CPJ. Les meneurs du coup d'État ont exercé des pressions sur les juges pour qu'ils imposent une lourde peine, rapporte l'ANHRI. « La sentence est une mesure typique de la police militaire contre un journaliste qui n'a qu'un crayon entre les mains », dit l'ANHRI.

Selon RSF, les journalistes de Mauritanie font campagne depuis des semaines pour le faire libérer, organisant des rassemblements et plaidant son cas auprès des autorités. Le Syndicat des journalistes mauritaniens (SJM) qualifie sa condamnation de « démarche rétrograde en ce qui concerne le traitement des médias ».

« Cette affaire ternit l'image de la Mauritanie et pourrait décourager ses partenaires internationaux, surtout si elle se rend devant la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples. Il est dans l'intérêt général de l'acquitter en appel et de le libérer immédiatement », déclare RSF.

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