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Un an après la disparition d'un directeur de journal, sa famille se plaint de l'absence de progrès dans l'enquête

(RSF/IFEX) - L'enquête sur la disparition de José Antonio García Apac, directeur de l'hebdomadaire "Ecos de la Cuenca", n'a pas donné le moindre résultat, un an jour pour jour après les faits. Le journaliste a été vu pour la dernière fois, le 20 novembre 2006, près de Tepalcatepec, dans l'État du Michoacán (Sud-Ouest) alors qu'il s'apprêtait à rejoindre son domicile de Morelia (capitale de l'État). RSF demande, avec la famille du journaliste, des explications aux autorités en charge du dossier.

"La disparition de José Antonio García Apac, qui pourrait être liée aux articles publiés par l'hebdomadaire qu'il dirigeait, reste toujours inexpliquée un an après. Sa femme et ses sept enfants sont toujours dans l'attente de nouvelles. Cette situation, intenable, est-elle liée à une absence réelle de résultats dans l'enquête ou à une rétention délibérée d'informations de la part des enquêteurs ? Dans l'une ou l'autre des hypothèses, les autorités compétentes se doivent de fournir des explications", a déclaré l'organisation.

L'hebdomadaire régional "Ecos de la Cuenca" avait publié, dans les semaines précédant la disparition de son directeur, des articles relatifs aux violents règlements de comptes entre les cartels de drogue locaux et aux collusions supposées entre les autorités et les narcotrafiquants, en particulier le groupe des Zetas (paramilitaires reconvertis dans la contrebande et le rapt contre rançon). La famille de García Apac est persuadée que sa disparition est liée à ces révélations.

"Je suis desespérée de mon impuissance face à des recherches qui n'avancent pas", a confié à RSF l'épouse du journaliste, Rosa Isela Caballero. Selon elle, l'enquête a déjà mobilisé trois représentants du ministère public, et la sous-délégation locale du ministère fédéral de la Justice ne lui a pas remis l'intégralité du dossier.

Le 30 juillet 2007, Caballero, qui a repris la direction de "Ecos de la Cuenca" depuis la disparition de son mari, a adressé un courrier aux autorités dans lequel elle demandait pourquoi certaines pistes n'avaient pas été exploitées depuis le début de l'enquête, en particulier l'existence d'un cimetière clandestin proche de Tepalcatepec où la police ne s'est jamais rendue. Sa demande n'a jamais reçu de réponse claire.

Six autres journalistes ont disparu depuis 2000 au Mexique : Jesús Mejía Lechuga, de la station Radio MS-Noticias, depuis le 13 juillet 2003 dans l'État de Veracruz (Sud-Est) ; Rodolfo Rincón Taracena, du quotidien "Tabasco Hoy" dans l'État du même nom (Sud-Est), depuis le 20 janvier 2005 ; Alfredo Jiménez Mota, du quotidien "El Imparcial", depuis le 2 avril 2005 à Hermosillo (Nord-Ouest) ; Rafael Ortiz Martínez, collaborateur du quotidien "Zócalo" et de la station XHCCG 104.1 FM, le 8 juillet 2006 dans l'État de Coahuila (Nord) ; Gamaliel López et Gerardo Paredes, de la chaîne TV Azteca, le 10 mai 2007 à Monterrey (État du Nuevo León, Nord). Aucune de ces affaires n'a été, pour l'instant, élucidée.

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Preventing journalists from doing their work, unlawful arrests and assaults condemned by HRNJ-Uganda. Full statemen… https://t.co/zGPxWXE6Tf