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Menaces de mort contre la directrice d'un quotidien de l'état de Veracruz, un policier mis en cause

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières est préoccupée par les menaces de mort dont a été la cible, le 18 mars 2008, Auricela Castro García, directrice du quotidien "El Mundo de Orizaba" (dans la ville du même nom, État de Veracruz, Sud-Est). Ces menaces auraient pour objectif d'entraver la publication d'une enquête mettant en cause un inspecteur de police, Pedro Angel Márquez, pour avoir aidé dans sa fuite un ancien collègue soupçonné d'avoir ouvert le feu sur un agent de la circulation.

"Nous exprimons notre solidarité à l'égard d'Auricela Castro García et de la rédaction de 'El Mundo de Orizaba'. Ces menaces sont inquiétantes, a fortiori si elles émanent de fonctionnaires de police, comme certains indices le laissent penser. Il revient, bien sûr, à la justice de l'État de Veracruz d'instruire la plainte, mais aussi à l'institution policière de diligenter une enquête au sein de ses propres rangs. Il n'est, hélas, pas si rare que des auteurs d'attaques envers la presse croient bénéficier d'une impunité en vertu de leur qualité de policier et qu'ils soient abusivement couverts par leur administration", a déclaré Reporters sans frontières.

Auricela Castro García a confié à Reporters sans frontières avoir reçu un premier appel menaçant, via le standard téléphonique de sa rédaction, le 18 mars vers 22h00 (heure locale). Un individu, se présentant sous le nom de José Sánchez, a demandé à parler à la directrice du journal "pour des raisons personnelles". La communication a été transférée à la rédactrice en chef, qui a expliqué qu'Auricela Castro García, occupée par une réunion, était indisponible. À ce moment, l'homme a averti à deux reprises : "Dites-lui qu'elle a une information, elle sait de quoi je parle, et que si elle la publie on va la tuer!" Quelques instants plus tard, la rédactrice en chef a pris un deuxième appel d'un autre individu, se présentant sous le nom de Gumercindo Hernández, qui lui a fait comprendre qu'il "avait été aimable jusqu'à présent" mais que "la situation pourrait bientôt changer" si ses demandes n'étaient pas prises en compte.

Dans l'éditorial de son édition du 19 mars, "El Mundo de Orizaba" a lié ces menaces à des récentes révélations sur l'implication de Pedro Angel Márquez, un inspecteur de la police locale, dans la fuite d'un ancien commandant des forces de l'ordre d'Orizaba, Alvaro Mendoza Morales. Celui-ci est recherché depuis le 16 mars pour avoir blessé par balles Héctor Rafael Sorcia Reyes, un agent de la circulation qui tentait de l'emmener au commissariat pour conduite en état d'ivresse.

Auricela Castro García a annoncé qu'une plainte pour menaces, désignant Pedro Angel Márquez comme principal suspect, avait été déposée auprès du ministère public de l'État de Veracruz. La direction du quotidien a par ailleurs promis, dans son édition du 19 mars, ne pas se laisser intimider: "Nous ne nous tairons pas, ni maintenant ni jamais."

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