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Des membres de l'IFEX agissent pour protéger les journalistes contre des actes de violence au Mexique

« Ce que vous ne savez pas peut vous nuire » voilà le slogan choisi par ARTICLE 19 et le Centre national de communication sociale (CENCOS), qui lancent conjointement une campagne permanente de protection des journalistes du Mexique à l'occasion du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Au Mexique, où règne une culture de l'impunité, les journalistes qui publient certaines informations sensibles sont menacés, enlevés, agressés, voire même assassinés. Ces crimes de plus en plus fréquents briment non seulement la liberté d'expression de celles et ceux qui pratiquent le journalisme, mais également le droit de chaque citoyen d'être informé.

Par cette campagne, ARTICLE 19 et le CENCOS espèrent mettre en lumière les conditions périlleuses dans lesquelles travaillent les représentants des médias, en suivant de près les atteintes à la liberté d'expression qui surviennent et en aidant les journalistes, les propriétaires et les cadres du secteur des médias à travailler dans un contexte suffisamment sécuritaire. Il s'agit d'un prérequis nécessaire à l'exercice d'une liberté de la presse digne de ce nom. Les deux organisateurs de la campagne invitent les membres actifs de l'IFEX et ceux des groupes de la région qui se sentent concernés par ce problème, à participer à la création d'un réseau voué à la sécurité des journalistes dans tout le pays.

« Ce que vous ne savez pas peut vous nuire » jouit également de l'appui de défenseurs notoires de la liberté de la presse. Parmi les convives présents à la fête figuraient Lydia Cacho, une journaliste mexicaine ayant fait l'objet de menaces de mort, de sabotage, de poursuites en diffamation et de harcèlement policier, un traitement que lui a valu le fait d'avoir débusqué des réseaux de prostitution et de diffusion de pornographie juvénile, et Rosa Isela Caballero, l'épouse du journaliste José Antonio García Apac, disparu au Michoacán il y a deux ans.

ARTICLE 19 et le CENCOS ont publié trois documents ressources afin d'aider les organisations à veiller efficacement au respect des droits humains -- un guide sur la liberté d'expression au Mexique, un protocole qui concerne le reportage et la documentation, ainsi qu'une analyse inspirée d'un séminaire international récent portant sur la méthodologie du suivi des violations dont sont victimes les journalistes. Tous les documents de ce séminaire peuvent être consultés dans un nouveau site Web consacré à la campagne : http://www.libertad-expresion.org.mx

ARTICLE 19 et le CENCOS espèrent que cette campagne servira de modèle à de futures initiatives de revendication qui naîtront ailleurs dans le monde, dans des régions confrontées à des problèmes semblables.

D'autres membres de l'IFEX présents au Mexique ont également axé leurs efforts sur la protection des journalistes. L'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), le Centre pour le journalisme et l'éthique publique (CEPET) et Reporters sans frontières (RSF) ainsi que plusieurs autres organisations nationales, ont suivi l'évolution de la situation et revendiqué le droit à la sécurité des journalistes dans un contexte de crise mexicaine qui s'aggrave.

L'AMARC-Mexique communique fréquemment avec d'importants organismes intergouvernementaux et transnationaux voués à la défense des droits de l'homme afin de s'assurer que des mesures concrètes sont prises en vue de protéger les stations de radio communautaires, qui se sont montrées particulièrement vulnérables aux agressions et aux attaques, lesquelles se multiplient.

Le CEPET amplifie l'impact des alertes qu'il lance au moment d'une violation en effectuant du lobbying au niveau fédéral dans l'espoir de faire adopter des lois qui protègent les journalistes et aident à faire avancer les enquêtes sur la mort de travailleurs des médias. L'organisation note que la Commission nationale pour les droits de l'homme a relevé des irrégularités dans les cas d'au moins six journalistes assassinés.

Plus tôt cette année, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a publié un rapport spécial, « Les disparus du Mexique », qui révèle que sept journalistes -- dont la plupart enquêtaient sur les liens qui unissent fonctionnaires et trafiquants de stupéfiants -- ont disparu au cours des trois dernières années.

Par ailleurs, RSF a récemment fait appel à la communauté internationale pour venir en aide aux journalistes qui tentent de quitter le pays. L'organisation fait du lobbying auprès du gouvernement des États-Unis afin qu'il mette en place des mesures d'urgence le long de la frontière du pays et « qu'il prenne les dispositions humanitaires nécessaires afin d'aider les journalistes qui doivent s'exiler. »

Ces membres de l'IFEX ont tous participé activement au suivi et à la diffusion d'informations sur les graves violations des droits de l'homme qui se produisent au Mexique. Ils ont par ailleurs réussi à faire entendre leurs voix haut et fort en entreprenant une série d'actions et d'alertes conjointes qui, grâce au réseau de l'IFEX, ont atteint un auditoire international.

Même si les organisations individuelles accomplissent un travail important, les membres de l'IFEX ont souligné le fait que la communication, l'aide et les ententes collaboratives s'avèrent des stratégies de plus en plus pertinentes par leur capacité à assurer la sécurité de journalistes qui subissent des menaces.

« La collaboration nous a aidé à obtenir une plus grande couverture médiatique des agressions commises contre des journalistes et des atteintes au droit à la liberté d'expression », déclare le CEPET.

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