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Des fonctionnaires se cachent derrière les crimes contre les journalistes

Le Mexique est le pays le plus meurtrier des Amériques pour les journalistes qui tentent de faire leur travail. Le crime organisé est souvent perçu comme étant à l'origine, d'une manière prédominante, des attaques contre la presse, mais un nouveau rapport d'ARTICLE 19 et du Centre national des Communications sociales (CENCOS) dresse un doigt accusateur vers certains fonctionnaires, qui seraient en fait les principaux responsables. Et il existe un mouvement qui conteste cette culture de l'impunité, tandis que des journalistes et des rédacteurs joignent leurs forces pour presser le gouvernement d'agir, indique la Société interaméricaine de la presse (SIP).

ARTICLE 19 et le CENCOS ont recensé en 2009, 244 cas d'attaques et d'intimidation contre des journalistes et des travailleurs des médias. De ce nombre, 11 journalistes ont été assassinés et un a disparu. Plus de 65 pour 100 des agressions contre la liberté de la presse sont le fait des autorités politiques ou d'individus reliés aux partis politiques et six pour 100 de gangs criminels, tandis que l'armée mexicaine est mise en cause dans 26 incidents.

Le rapport examine l'absence de volonté politique de s'attaquer à cette question, de même qu'une grave corruption. Les gouvernements, à tous les niveaux, et les services de sécurité négligent de protéger les travailleurs des médias, ce qui engendre une culture d'impunité qui permet des attaques contre la presse dans le but d'éliminer les reportages non désirés ou les voix dissidentes.

Dans une déclaration séparée, ARTICLE 19 invite Gustavo Salas Chávez, le Procureur spécial pour les crimes commis contre les médias, nouvellement désigné, à se montrer indépendant et impartial, à protéger les droits des victimes et à éviter une nouvelle victimisation. Le procureur précédent était considéré généralement comme inefficace et incapable de contrôler les attaques contre la presse, et affirmait que les meurtres de journalistes n'étaient pas reliés à leur travail. De plus, le Bureau du Procureur spécial pour les crimes commis contre les médias (FEADP), mis sur pied en 2006, était dénué de la volonté politique de faire enquête sur les crimes et d'en traduire les auteurs devant les tribunaux.

En outre, le Centre pour le journalisme et l'éthique publique (CEPET) a recensé 183 attaques contre des journalistes et 19 attaques contre des médias en 2009, soit une augmentation de 10 pour 100 par rapport à l'année précédente. D'après le rapport annuel du CEPET, les attaques comprennent les menaces, la détention arbitraire ou l'intimidation, les blessures et les disparitions. Le CEPET recense les meurtres de 13 journalistes, bien qu'ils ne soient pas tous reliés à leur travail. La recherche du CEPET partage l'opinion selon laquelle la plupart des attaques sont reliées à l'État, et que la plupart sont commises en toute impunité.

Un forum organisé le mois dernier par la SIP à Durango, au Mexique, a rassemblé des rédacteurs de journaux et des éditeurs des États mexicains de Durango, Coahuila, Sinaloa et Sonora, afin de discuter de l'autocensure, devenue un réflexe à la suite des violentes représailles du crime organisé. Le forum a invité les autorités fédérales et des États à faire des crimes contre les journalistes un délit fédéral et à instituer un front uni entre la police, les bureaux des procureurs publics et l'armée, afin de donner aux journalistes un accès opportun et transparent aux renseignements sur les actes de violence.

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