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Trois journalistes tués dans deux incidents distincts

Trois journalistes ont été tués au Mexique, dont un couple qui a été abattu impudemment dans un café Internet, et un rédacteur connu pour sa couverture de la scène judiciaire dans un autre État, d'après ce qu'indiquent les membres locaux et internationaux de l'IFEX. Les décès font suite à trois incidents distincts survenus dans l'État de Coahuila, où des inconnus ont criblé de balles les immeubles qui abritaient deux médias et lancé une grenade contre un troisième.

Le mari et la femme, Juan Francisco Rodríguez Ríos et María Elvira Hernández Galeana, ont été tués le 28 juin dans le village de Coyuca de Benítez, près d'Acapulco, selon ce que rapportent la Société interaméricaine de la presse (SIP), l'Institut international de la presse (IIP), Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Les deux époux se trouvaient au café Internet dont ils étaient propriétaires lorsque deux individus ont fait irruption et ont ouvert le feu, les criblant de balles à bout portant. Alors que le Bureau du procureur de l'État semblait favoriser la thèse du vol, les journalistes locaux ont indiqué que le cybercafé représente une cible peu vraisemblable pour des voleurs parce qu'il ne devait pas y avoir beaucoup d'argent dans la caisse, dit le CPJ.

Rodríguez Ríos était président de la section locale du Syndicat national des reporters de la presse dans l'État de Guerrero, et il s'était plaint récemment des menaces à la liberté d'expression lors d'un congrès annuel des journalistes du Guerrero. Il collaborait en outre au « El Sol de Acapulco » et au « Diario Objetivo de Chilpancingo ». Hernández Galeana travaillait à l'hebdomadaire « Semanario Nueva Línea », pour qui elle couvrait occasionnellement la politique locale.

Puis, le 7 juillet, le corps du rédacteur Hugo Alfredo Olivera Cartera était trouvé dans son camion, dans une zone rurale de l'État de Michoacán, selon ce que rapportent le Centre pour le journalisme et l'éthique publique (CEPET) et le CPJ. Le mobile exact du meurtre d'Olivera reste inconnu, mais le CPJ indique que des inconnus sont entrés par effraction dans les bureaux du journal « El Día de Michoacán », dont Olivera était propriétaire et rédacteur en chef, peu après que le cadavre du reporter eut été trouvé. Les inconnus se sont emparés de disques durs et de clés USB.

Journaliste âgé de 27 ans, Olivera couvrait courageusement le crime organisé pour d'autres médias, notamment le pour le journal « La Voz », de Morelia, et collaborait à l'agence de nouvelles Quadratín.

En février, Olivera avait été passé à tabac par la police fédérale lorsqu'il avait tenté de couvrir une histoire. Il avait porté plainte auprès de la Commission nationale des droits de la personne, rapporte le CPJ.

Le président de la SIP, Alejandro Aguirre, était en mission à Mexico pour documenter la violence et les menaces à l'approche des élections du 4 juillet, qui doivent pourvoir le poste de gouverneur d'une douzaine d'États du Mexique, lorsque le meurtre du 28 juin est survenu. Il a déclaré que les assassinats de journalistes « non seulement coûtent la vie des journalistes, mais créent une culture de peur et violent le droit des gens d'être informés ». Il a lancé un appel public au procureur spécial pour qu'il ouvre immédiatement une enquête sur ces meurtres et sur les disparitions de journalistes au Mexique.

Le mois dernier, deux autres attentats ont été commis contre des médias à Torreón, État de Coahuila, selon ce qu'indiquent le CEPET et d'autres membres de l'IFEX. Les deux attentats se sont produits en plein jour et impliquaient un groupe d'individus armés qui a ouvert le feu de l'extérieur des immeubles, fracassant les vitres des fenêtres. Le bureau du quotidien « Noticias de El Sol de la Laguna » a été visé le 22 juin et l'attentat contre la station de nouvelles « Televisa Laguna » s'est produit quelques jours plus tard. Une réceptionniste enceinte qui travaillait au bureau du journal a été blessée par les éclats de verre, sans gravité heureusement.

À la mi-juin, selon ce que rapporte le CEPET, une grenade a été lancée contre les bureaux du journal « Zócalo » de Piedras Negras, État de Coahuila. Personne n'a été blessé, bien que l'immeuble et des voitures situées à proximité ont été endommagés.

Insistant sur le climat de peur et d'autocensure, les « Noticias de El Sol de la Laguna » ont décidé de cesser complètement de couvrir la scène judiciaire après qu'un reporter eut été menacé le 20 mai.

Des dizaines de journalistes ont été assassinés au cours des dix dernières années au Mexique. Onze d'entre eux sont toujours portés disparus, signale RSF.

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