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Les journalistes descendent dans la rue pour exiger d'être protégés à la suite de récents enlèvements

L'enlèvement de quatre journalistes mexicains dans l'État de Durango montre à quel point les gouvernements locaux sont corrompus par le crime organisé, ainsi que les dangers que courent les journalistes qui tentent de travailler sous le contrôle des trafiquants de drogue, rapportent le Centre pour le journalisme et l'éthique publique (CEPET), la Société interaméricaine de la presse (SIP), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et d'autres groupes membres de l'IFEX. Cette affaire a entraîné la tenue d'une démonstration de solidarité et de protestation sans précédent contre les enlèvements et les homicides de journalistes. Des journalistes de tout le pays et des groupes locaux et internationaux membres de l'IFEX ont conjugué leurs forces dans des manifestations de protestation auxquelles ont participé des milliers de personne pendant le week-end, et ont exigé le droit d'informer, le droit de savoir.

Les quatre journalistes ont été enlevés le 26 juillet par des membres de groupes criminels dans la région de Laguna, où sévit une grande violence qui oppose le groupe paramilitaire Los Zetas et le cartel de Sinaloa. Les ravisseurs ont exigé la diffusion par la presse des bandes vidéos qu'ils ont faites en échange de la libération des reporters.

Selon Reporters sans frontières (RSF), les réseaux ont diffusé trois bandes vidéos dans lesquelles les ravisseurs accusent la police des États de Durango et de Coahuila de collusion avec Los Zetas.

L'enlèvement a eu lieu quelques heures après que les journalistes eurent couvert une manifestation contre le congédiement du gouverneur d'une prison qui aurait permis à des prisonniers de quitter la prison. Les autorités mexicaines ont établi un lien entre les détenus et le massacre de 17 personnes lors d'une fête dans la ville de Torreon la semaine dernière, d'après ce que rapporte l'Institut international de la presse (IIP).

Après avoir été retenus captifs pendant six jours, les quatre journalistes ont été libérés à Gómez Palacio. Héctor Gordoa Márquez, cameraman chez Televisa, a été relâché le 29 juillet. Les cameramans Javier Canales Fernández, de Multimedios, et Alejandro Hernández Pacheco de Televisa ont été retrouvés le 31 juillet dans une maison. Pour sa part, Oscar Solís Gurrola, reporter au journal local « El Vespertino », a été libéré la semaine dernière. La police a arrêté trois membres du redoutable cartel de Sinaloa le 4 août pour leur participation aux enlèvements.

Les récents enlèvements ont suscité des protestations sans précédent dans tout le pays. Des centaines de journalistes de tout le Mexique se sont rendus à Mexico le 7 août pour manifester. Des manifestations se sont également déroulées dans des États où les trafiquants de drogue ont tué plus de 30 000 personnes depuis décembre 2006. Les journalistes exigent des garanties pour leur sécurité et des mesures efficaces pour combattre l'impunité. Un journaliste a déclaré : « les journalistes mexicains renoncent au monde parce que le monde est dangereux ».

Les propriétaires de médias gardent leurs distances par rapport aux manifestations, mais il y avait des journalistes de nombreux médias. Des représentants d'ARTICLE 19, de RSF, du CEPET et de l'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), groupes membres de l'IFEX, ont aussi participé. La marche a atteint son point culminant lors d'une pause aux portes du ministère de l'Intérieur, où on a présenté une bannière sur laquelle étaient inscrits les noms des journalistes tombés. La police locale a estimé à 200 000 le nombre des manifestants.

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