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Un journaliste est assassiné à Ciudad Juárez, un journal s'adresse au cartel de la drogue

Un photographe a été abattu le 16 septembre à Ciudad Juárez, ville frontalière du Mexique, selon ce que rapportent le Centre pour le journalisme et l'éthique publique (CEPET), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Reporters sans frontières (RSF) et d'autres membres de l'IFEX. Cet attentat impudent est survenu dans le stationnement d'un centre commercial et a aussi causé des blessures à un autre journaliste. En réponse, le journal qui employait les deux journalistes a publié un éditorial dans lequel il offrait ouvertement de compromettre sa couverture afin de préserver la vie de ses journalistes. Par ailleurs, la violence s'est accrue d'un cran dans d'autres régions, indique la Société interaméricaine de la presse (SIP), ainsi que d'autres reportages concernant une défaillance dans les mesures de sécurité entourant les journalistes et les médias de Zacatecas.

À Ciudad Juárez, Luis Carlos Santiago Orozco, 21 ans, photographe au quotidien « El Diario de Juarez », est mort dans sa voiture après que lui et le photographe Carlos Sánchez Colunga, 18 ans, eurent été atteints par des tireurs à bord d'un autre véhicule.

Les deux victimes travaillaient au journal grâce à un programme de bourse d'études et avaient passé la matinée à suivre un cours de photographie. Le meurtre toutefois « portait toutes les marques d'un assassinat commandité exécuté pour le compte de l'un des cartels mexicains de la drogue », rapporte RSF.

Le journal « El Diario » a donné un exemple stupéfiant d'autocensure et décidé de restreindre sa couverture des affaires de drogue. Dans un éditorial publié en une le 19 septembre, le journal a demandé aux cartels de la drogue qui se font la guerre ce qu'il pouvait faire pour prévenir quelque tort supplémentaire à son personnel. Le journal précisait : « nous vous demandons d'expliquer ce que vous attendez de nous, ce que nous devrions tenter de publier ou non, de façon à savoir à quoi nous attendre ». Santiago Orozco est le deuxième journaliste du journal à être tué en deux ans.

De nombreux médias du pays ont cessé de couvrir les cartels de la drogue. Mais « El Diario » a persévéré jusqu'à récemment, car il est reconnu pour ses reportages d'enquêtes constants sur les affaires criminelles. « Il est vraiment triste que le journal abandonne la partie. C'est là l'indice que la situation est difficilement redressable », a dit le CPJ à l'« Associated Press ».

Les guerres de la drogue ont fait près de 5 000 morts au cours des deux dernières années à Ciudad Juarez, ce qui en fait l'une des villes les plus dangereuses du monde, disent les dépêches.

Dans la région centre-nord du pays, à Zacatecas, on constate une augmentation générale du nombre des menaces, des enlèvements, des extorsions, des meurtres et des conflits. C'est là le même patron que l'on a constaté dans d'autres États où les journalistes sont assassinés ou disparaissent et où la collecte des nouvelles souffre terriblement, dit la SIP.

Le 18 août, des membres allégués d'un groupe du crime organisé ont tenté de forcer des cadres supérieurs des journaux « La Jornada de Zacatecas » et « Imagen de Zacatecas » à publier un reportage contre l'Armée.

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