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Un reporter est tué; les membres de l'IFEX sont sceptiques vis-à-vis du programme gouvernemental de protection des journalistes

UNESCO

Le 5 novembre, un autre journaliste est tombé sur le champ de bataille de la guerre de la drogue au Mexique. Carlos Alberto Guajardo Romero a été tué tandis qu'il couvrait un échange de tirs entre l'armée mexicaine et des membres d'un cartel de la drogue dans la ville frontalière de Matamoros, État de Tamaulipas, selon ce que rapportent le Centre pour le journalisme et l'éthique publique (CEPET) et d'autres membres de l'IFEX.

Au même moment, le gouvernement a fini par accoucher d'une stratégie en vue de protéger les journalistes des menaces de mort qui viennent de criminels de droit commun, des cartels de la drogue et même de responsables gouvernementaux. ARTICLE 19, le Centre national des Communications sociales (Centro Nacional de Comunicación Social, CENCOS) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), qui sont membres de l'IFEX, dénoncent vigoureusement le programme tel qu'il est présenté - parce qu'il est conçu et géré entièrement par des responsables gouvernementaux qui comprennent très peu la fonction d'un journaliste qui doit travailler dans un climat d'impunité endémique.

Guajardo, qui était reporter au quotidien local « Expreso Matamoros », se dirigeait vers la Sécurité intérieure dans le but de rassembler plus de renseignements sur la violence lorsque sa camionnette a reçu plus d'une vingtaine de projectiles, selon ce que rapporte le CPJ. Les reportages des nouvelles nationales ont indiqué que des officiers de l'armée avaient tiré sur le camion non identifié du journaliste parce qu'ils avaient cru qu'il transportait des hommes de main impliqués dans les tirs.

La fusillade compte au nombre de la série des violents événements survenus le même jour à Matamoros, et qui ont mené à l'homicide d'Antonio Ezequiel Cárdenas Guillén, chef du cartel de la drogue du Golfe. Le CEPET fait remarquer que la plupart des journaux locaux ont limité leurs reportages sur le meurtre du parrain du cartel de la drogue du Golfe, et ont enterré la nouvelle loin à l'intérieur des journaux.

L'exception a été l'« Expreso » qui, dans un éditorial en une la semaine dernière a osé exiger des autorités une réponse rapide et efficace. Le journal a constaté qu'au cours des huit derniers mois, les trois niveaux de gouvernement présents dans le nord-est du Mexique se sont tellement fait malmener et ont été tellement submergés qu'ils ont été incapables de s'acquitter de leurs fonctions essentielles, selon ce que rapporte le CEPET.

Les membres de l'IFEX appellent depuis longtemps le gouvernement à trouver un moyen de protéger les journalistes - en commençant par faire de tous les crimes contre les journalistes un délit fédéral. Mais la proposition la plus récente du gouvernement indique toujours que la protection des journalistes incombe, en fin de compte, aux responsables des États. Cela n'augure rien de bon quand « les autorités locales sont souvent impliquées dans la violence contre les journalistes, et l'absence de confiance dans les autorités locales va miner la protection locale », dit ARTICLE 19.

Des cadres supérieurs au Ministère de l'Intérieur ont indiqué au CPJ qu'ils s'attendent à offrir aux journalistes qui courent des risques un éventail de mesures de protection, comme des gardes du corps, des voitures blindées et/ou des allocations pour qu'ils puissent aller se réinstaller ailleurs dans le pays.

Mais pas un seul peso n'est consacré à la mise en action du plan - on compte à la place sur les ressources et la volonté politique des autorités concernées, deux éléments qui font cruellement défaut, dit ARTICLE 19.

Une partie du problème consiste dans le fait que le gouvernement n'a consulté personne des groupes de défense des droits de la personne quand il a en élaboré la stratégie, disent les membres de l'IFEX, et aussi dans le fait qu'ils ne sont pas les bienvenus à la table lorsque vient le temps de voter sur le plan au budget de l'année suivante. Le Haut Commissaire aux Droits de l'homme des Nations Unies, qui n'a qu'un statut de conseiller, n'a rien à dire quant à la façon dont le programme sera géré.

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