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Un directeur des nouvelles est décapité pour avoir condamné les gangs de la drogue sur les médias sociaux

Au moment où la frénésie meurtrière des cartels de la drogue au Mexique semblait avoir atteint le summum de l'horreur, on retrouvait le 24 septembre le cadavre décapité de María Elizabeth Macías, directrice de la salle des nouvelles de « Primera Hora », rapportent l'Association mondiale des journaux et des éditeurs de médias d'information (WAN-IFRA), la Société interaméricaine de la presse (SIP), Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Pour ajouter à cette atmosphère de désespoir, on signale la disparition d'un autre journaliste, indiquent la SIP et RSF.

L'exécution est survenue dans la même ville du nord du Mexique - Nuevo Laredo - où deux jeunes adeptes des médias sociaux ont été pendus à peine une semaine plus tôt. Dans ces deux cas, des notes ont été jointes aux cadavres et portaient pour toute signature la lettre « Z », utilisée pour désigner le cartel de la drogue des Zetas, indiquent les membres de l'IFEX.

Écrivant sur Twitter et sur le site web « Nuevo Laredo en Vivo » sous un pseudonyme qui se traduit par « La fille de Nuevo Laredo », Macías mettait à nu les actions des groupes criminels ainsi que la complicité d'officiels du gouvernement local. La note trouvée sur son corps, lequel a été découvert en bordure d'une route, disait : « Je suis ici à cause de mes reportages et des vôtres. »

La WAN-IFRA ajoute que l'État de Tamaulipas, où est située la ville de Nuevo Laredo, est le théâtre d'une brutale guerre de territoire entre les Zetas et les gangs de la drogue du Golfe; les décapitations servent à faire passer un message aux rivaux et aux informateurs. Ces derniers sont de plus en plus traqués par des experts en communications qui travaillent pour les gangs et qui s'appliquent à surveiller ce qui se passe en ligne, apprend-on dans un dossier de Reuters.

Dans une lettre adressée au Président Felipe Calderón, la WAN-IFRA écrit « Nous vous rappelons respectueusement qu'il est du devoir de l'État de fournir un environnement dans lequel les citoyens peuvent exercer leur droit à la liberté d'expression, sans craindre de violence. »

RSF et la SIP ont également condamné la réticence apparente de Calderón à prévenir des meurtres aussi horribles. La législation reste encore à mettre en oeuvre après que Calderón eut promis d'assurer une protection spéciale pour les journalistes et les citoyens en ligne, d'ouvrir des enquêtes en profondeur et de garantir un juste châtiment pour les crimes violents commis contre les journalistes, rapporte RSF.

Le Bureau du Rapporteur spécial de la Commission interaméricaine des droits de l'homme (IACHR) pour la liberté d'expression a ajouté sa voix en publiant une déclaration dans laquelle il exprime sa « profonde inquiétude » devant ces trois meurtres et presse le gouvernement mexicain de s'acquitter de son devoir de préserver la Déclaration de principes de la Commission interaméricaine des droits de l'homme concernant la liberté d'expression dans les Amériques, et d'empêcher les crimes contre les communicateurs et de faire enquête lorsque de tels crimes sont commis.

RSF hausse le niveau de l'alarme et rapporte que Manuel Gabriel Fonseca Hernández, reporter de la scène judiciaire pour plusieurs publications de l'État de Veracruz, dont « El Mañanero de Acayucan », est porté disparu depuis qu'il est parti le 19 septembre réaliser des entrevues en vue d'un reportage.

L'exécution de Macías fait d'elle la septième journaliste assassinée au Mexique en 2011. D'après Reuters, l'un des derniers textes affichés par la journaliste de 39 ans s'intitulait « Continuez à vous exprimer ».

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