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Une autre journaliste d'enquête est tuée à Veracruz

Une journaliste d'enquête qui travaillait pour un éminent magazine d'informations national a été retrouvée le 28 avril battue et étranglée à mort chez elle à Xalapa, capitale de l'État de Veracruz, selon ce que rapportent ARTICLE 19, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), l'Institut international de la presse (IIP) et Reporters sans frontières (RSF).

Regina Martínez a passé plus d'une décennie à l'hebdomadaire « Proceso », une publication considérée au pays comme l'une des principales sources pour ce qui est de la couverture du crime organisé et du trafic de drogue. L'un des derniers articles qu'elle avait fait paraître portait sur l'arrestation à Veracruz de neuf officiers de police que l'on croit avoir été de mèche avec les trafiquants, rapportent l'IIP et RSF.

Les autorités qui ont été dépêchées au domicile de la journaliste après que des voisins eurent remarqué que sa porte d'entrée avait été laissée ouverte pendant toute la journée ont découvert le cadavre de Martinez dans la salle de bains, rapporte « Proceso » sur son site web. Il semble que son téléviseur, ses téléphones cellulaires et son ordinateur aient été volés, indiquent RSF et le CPJ.

Selon l'IIP, « Proceso » a publié une réaction furieuse au meurtre de Martinez, qualifiant sa mort de « résultat d'un pays pourri, d'une situation de violence quotidienne où les gestes extrêmes ne sont pas l'exception mais la règle de tous les jours… Ce crime met en évidence l'environnement d'hostilité et même de harcèlement dans lequel la presse indépendante doit faire son travail. »

Le magazine, qui exige une enquête complète sur ce crime, ajoute : « Tout acte d'agression contre n'importe quel membre de cette maison d'édition constitue une attaque contre “Proceso” et contre le droit constitutionnel d'informer. »

Depuis que le Gouverneur de Veracruz, Javier Duarte, est entré en fonction en décembre 2010, cinq journalistes ont été tués et pas une seule de ces affaires n'a été résolue, rapporte ARTICLE 19. L'État de Veracruz est devenu le champ de bataille de deux cartels du crime organisé, les Zêtas et les Sinaloa, et les journalistes disent que la corruption est très répandue au sein du gouvernement local, dit le CPJ.

En mars, le Sénat mexicain a approuvé un projet de loi qui aura pour effet de faire passer sous la compétence du gouvernement fédéral les crimes contre les journalistes; et dimanche, le bureau du Secrétaire à l'Intérieur a émis une déclaration dans laquelle il exprime « l'entière préparation [du gouvernement fédéral] à collaborer, si nécessaire, aux enquêtes entreprises par les autorités de l'État de Veracruz » dans l'affaire Martínez.

La nouvelle de la mort de Martínez est arrivée tandis que l'IIP publiait un dossier spécial sur la situation des journalistes mexicains, écrit par Marcela Turati, elle-même reporter d'enquête au Proceso. Dans son article, Turati décrit comment les journalistes mexicains sont devenus des correspondants de guerre dans leur propre pays.

Le Mexique était l'an dernier le pays le plus dangereux du monde pour les médias, avec 10 journalistes assassinés en 2011 à cause de leur travail, indique l'Observatoire de la mort tenu par l'IIP. Selon RSF, 80 journalistes ont été assassinés au cours de la dernière décennie.

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