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À LA VEILLE DES ÉLECTIONS, LE GOUVERNEMENT FAIT TAIRE LES MÉDIAS D'OPPOSITION

Une année à peine avant les prochaines élections parlementaires, le gouvernement tente de réduire au silence les médias d'opposition, déclare un groupe d'organisations de défense des médias, dont le groupe local membre de l'IFEX, le Centre du journalisme indépendant (Independent Journalism Center, IJC).

Encore récemment, le bi-hebdomadaire d'opposition « Moldavskie Vedomosti » a été visé par une enquête pénale sur des allégations de corruption, indiquent les groupes dans une déclaration conjointe. Le journal aurait majoré indûment les frais de publicité d'une entreprise nationale d'exploitation d'une carrière, la société Soroca, et il est aussi accusé de « détournement de propriété étrangère ». L'enquête, dirigée par le bureau du procureur public, a été ouverte contre « Moldavskie » après que celui-ci eut publié un reportage sur la carrière récemment re-nationalisée.

Selon Reporters sans frontières (RSF), le rédacteur en chef de « Moldavskie », Dmitri Ciubasenco, a déclaré être convaincu que « l'enquête du procureur public est essentiellement politique » et qu'elle a été conçue pour mener le journal à la faillite. Il a insisté sur le fait que les contrats qu'il a signés étaient légaux et que les paiements respectaient les contrats. Selon l'IJC, Ciubasenco n'a pas été informé de l'ouverture de l'enquête et n'a pas non plus été cité à témoigner.

Dans un autre incident, le journaliste Oleg Brega a été détenu pendant trois jours pour avoir protesté paisiblement à l'extérieur du Palais National, où des célébrations avaient lieu pour marquer le 50e anniversaire de la station de télévision publique de la Moldavie, disent les groupes. Un tribunal de district a jugé que l'affiche que brandissait Brega, « 50 ans de mensonges », constituait un « préjudice » et l'a condamné à trois jours de détention. Son frère, Ghenadie Brega, qui a protesté contre la détention d'Oleg, a lui-même été détenu pendant deux jours.

La volonté des autorités de contenir les voix critiques s'est affirmée encore davantage lors des réunions des 7 et 8 mai du Conseil de coordination de la radiodiffusion, l'organisme qui alloue les fréquences radio, selon ce qu'indiquent les organisations de défense des médias. D'après l'IJC, aucun des permis alors aux enchères n'a été offert aux stations qui donnent accès à l'opposition ou qui diffusent des opinions critiques. Ainsi, la station de radio indépendante « Vocea Basarabiei » ne s'est vu accorder aucune fréquence FM, alors que les radiodiffuseurs pro-gouvernementaux « PRCM » et « PPCD » ont obtenu plus de 20 fréquences.

« Le comportement du conseil montre que ces décisions sont prises à l'extérieur du conseil, tandis que ses membres représentent des intérêts particuliers », disent les groupes. Ils demandent aux autorités de cesser d'intervenir dans l'activité du conseil et de châtier les personnes qui intimident les médias de masse et qui maltraitent les journalistes.

« Même si le président et le premier ministre affirment défendre les principes d'une presse libre, les cas où des journalistes sont intimidés, où le droit à la libre expression est violé, et où la presse est assujettie, se multiplient », disent les groupes.

Consulter les sites suivants :
- Déclaration conjointe des organisations de défense des médias : http://www.ifex.org/en/content/view/full/93788
- IJC : http://www.ijc.md/eng/
- RSF : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=27225
(3 juin 2008)

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