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Le gouvernement dépénalise les délits d'opinion

Le Monténégro est devenu la semaine dernière le dernier pays du monde à dépénaliser la diffamation, rapporte l'Organisation des médias du Sud‑Est de l'Europe (South East Europe Media Organisation, SEEMO), organisation affiliée à l'Institut international de la presse (IIP).

Dans le cadre d'une réforme plus vaste de son code criminel, le Monténégro a complètement dépénalisé le 9 juillet sa loi sur la diffamation et les insultes, les laissant entièrement du ressort des tribunaux civils.

« Les journalistes du Monténégro faisant fréquemment l'objet de poursuites en diffamation devant les tribunaux, de nombreux médias préfèrent pratiquer l'autocensure plutôt que de fouiller des questions délicates », indique la SEEMO. « Grâce à ces modifications, l'environnement des médias s'améliore au Monténégro, et il appartient maintenant aux journalistes de s'assurer que l'autoréglementation est bien mise en œuvre, de pratiquer un journalisme de qualité et de respecter les normes internationales. »

La SEEMO prévient cependant que des violations peuvent toujours se produire. Par exemple, dans d'autres pays de la région, des amendes excessivement élevées pour diffamation, imposées en vertu des lois civiles, ont mené à la fermeture de médias et incité les journalistes à s'abstenir de traiter de questions controversées. Les sanctions devraient être proportionnées au revenu du média ou de l'individu, dit la SEEMO, et les tribunaux devraient recevoir de la formation au sujet des questions liées au médias.

« La dépénalisation de la diffamation ne signifie pas que les journalistes peuvent prendre les choses à la légère. Au contraire, cela devrait les inciter à observer les normes internationales, à vérifier leurs sources, à s'abstenir de publier des allégations non démontrées et à pratiquer un journalisme de qualité », a déclaré le secrétaire général de la SEEMO, Oliver Vujovic.

« D'un autre côté, les tribunaux devraient intervenir lorsque les normes sont violées, mais ils ne doivent pas recourir à des amendes disproportionnées pour étouffer la liberté des médias », a-t-il ajouté.

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