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Amende exorbitante pour un directeur de publication suite à des accusations de diffamation

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières est consternée par la décision du tribunal de première instance de Rabat de condamner, le 25 mars 2008, le directeur de publication du quotidien "Al-Massae", Rachid Nini, à 6 millions de dirhams (environ 550 000 euros) de dommages et intérêts et 120 000 dirhams (environ 11000 euros) d'amende dans un procès l'opposant à quatre juges qui l'accusent de "diffamation et injures publiques".

"Nous sommes scandalisés par le montant exorbitant de l'amende infligée à Rachid Nini. Ce n'est pas la première fois que la justice marocaine a la main lourde. Certains verdicts récents ont sérieusement mis à mal de grands médias marocains, menaçant d'entraîner leur disparition. Il faut que les magistrats rendent des décisions proportionnées aux préjudices subis et veillent à ne pas mettre en danger la liberté de la presse", a déclaré Reporters sans frontières.

Rachid Nini, directeur du quotidien le plus lu du royaume (100 000 exemplaires), faisait l'objet de quatre plaintes en diffamation déposées séparément, début février 2008, par quatre vice-procureurs du roi. Ceux-ci l'accusent d'avoir publié des informations offensantes à leur égard.

L'origine de cette affaire remonte au 18 novembre 2007 et concerne un article publié dans "Al-Massae" accusant quatre juges, sans les nommer, d'avoir participé à une prétendue fête homosexuelle dans la ville de Ksar Al-Kébir (au nord-ouest du pays). Sept personnes qui ont pris part à cette fête ont été condamnées le 16 janvier à des peines de 4 à 10 mois de prison ferme par la cour d'appel de Rabat. Contacté par Reporters sans frontière, Rachid Nini s'est indigné d'une décision judiciaire "inexplicable et inacceptable". Il a ajouté qu'il y a "une volonté de détruire (son) journal et de mettre à mal la liberté d'expression dans le pays". Il a décidé de faire appel.

Le journaliste avait été victime, le 3 février, d'une agression à l'arme blanche devant la gare ferroviaire de Rabat. Dans sa déclaration à l' Agence France-Presse (AFP), il avait jugé surprenant que l'agression ait eu lieu alors qu'il faisait l'objet de poursuites judiciaires.

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