RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Des journalistes en procès pour avoir critiqué le dirigeant libyen

Cinq journalistes marocains attendent un procès à Casablanca pour avoir « fait tort publiquement » au dirigeant libyen Muammar Kadhafi et avoir « attenté à sa dignité », selon ce que rapportent le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

L'ambassade de Libye à Rabat a déposé auprès du procureur public une plainte contre trois journaux marocains - « Al-Masaa », « Al-Garida Al-Oula » et « Moroccan Events » - les accusant de publier des articles qui critiquent Kadhafi ou qui font référence à lui d'une manière que l'ambassade de Libye juge inacceptable.

Aux termes de la loi du Maroc sur la presse, les journalistes sont passibles d'un an de prison et d'amendes pouvant aller jusqu'à 100 000 dirhams (12 090 $US) s'ils sont reconnus coupables des accusations de diffamation.

« Il semble que le président Kadhafi, après avoir renversé la liberté de la presse en Libye, a entrepris de concentrer son attention et son expérience à poursuivre les journalistes arabes à l'extérieur de son pays. Nous devons soutenir ces journalistes, afin de préserver ce qui reste de liberté de presse dans le monde arabe », dit l'ANHRI.

L'affaire découle d'articles publiés en 2008 et au début de 2009 par les trois quotidiens indépendants. Dans un article d'opinion intitulé « Nous et le Maghreb arabe », Ali Anouzla, rédacteur en chef du quotidien « Al-Jarida Al-Oula », critiquait Kadhafi, décrivant comment il s'était emparé du pouvoir à la suite d'un coup d'État militaire il y a de cela 40 ans.

Le directeur Mohamed Brini et le reporter Mokhtar al-Ghizeawy, tous deux du quotidien « Al-Ahdath Al-Magrebia » sont inculpés pour trois articles, dont un reportage sur l'arrestation du fils cadet du dirigeant et de sa belle-fille à Genève pour, est-il allégué, avoir agressé un serviteur marocain et une femme de chambre tunisienne, rapporte le CPJ.

« Nous n'avons publié que des histoires critiques. Les journalistes marocains se sont battus au cours des dernières décennies pour élargir l'espace de la liberté de la presse. Il est inacceptable de voir les autorités marocaines céder à des pressions et à une influence extérieures et nous traîner devant les tribunaux », a déclaré Brini au CPJ, qui a dépêché un observateur au tribunal le 18 mai.

Rachid Niny, directeur de « Al-Massae », et Younes Meskini, ancien reporter au journal, sont inculpés pour avoir cité l'ancien ministre des Communications, Larbi Messari, qui a déclaré que « les positions adoptées par le président du Venezuela Hugo Chávez ressemblent aux positions puériles du dirigeant libyen Muammar Kadhafi », a indiqué Meskini, l'auteur, au CPJ.

Selon l'ANHRI, Kadhafi a déjà entrepris des poursuites judiciaires contre des journalistes arabes par l'entremise de ses ambassades à l'étranger. Il a poursuivi le journal algérien « Al-Shorouq », ainsi que les journaux égyptiens « Sawt el-Omma » et « Al-Doustour » et le journal saoudien « Al-Watan ».

En mai 2007, le CPJ concluait que le Maroc était l'un des pires pays du monde pour ce qui est de renier ses engagements en matière de liberté de la presse. Cette année-là, des hauts dignitaires marocains ont déclaré à une délégation du CPJ qu'ils étaient en train de réformer la loi sur la presse afin d'en atténuer les restrictions les plus onéreuses. Jusqu'à maintenant, toutefois, on a réalisé peu de progrès pour rendre la loi conforme aux standards internationaux concernant la libre expression. Les journalistes continuent de subir le harcèlement judiciaire, à être réduits au silence et agressés, dit le CPJ.

Dernier Tweet :

مصر: بعد الصحفيين، دوامة الاعتقالات التعسفية تنهال على المدونين https://t.co/INBni20v4m @RSF_ar https://t.co/dSySynsyVl