RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Trois quotidiens écopent d'une lourde amende pour avoir critiqué le dirigeant de la Libye

Le dirigeant libyen Muammar Kadhafi se sert de ses ambassades à l'étranger pour intenter des poursuites judiciaires contre les journalistes arabes
Le dirigeant libyen Muammar Kadhafi se sert de ses ambassades à l'étranger pour intenter des poursuites judiciaires contre les journalistes arabes

Reuters, via CPJ

Trois quotidiens indépendants du Maroc ont été frappés de lourdes amendes pour avoir « nui publiquement » au dirigeant libyen Muammar Kadhafi et avoir « attenté à sa dignité », selon ce que rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Un tribunal de Casablanca a ordonné à chacun des trois journaux - « Al-Massa », principal quotidien du pays; « Al-Garida Al-Oula » et « Al-Ahdath Al-Magrebia » - de verser une amende de 100 000 dirhams (12 500 $US) et des réparations d'un million de dirhams (125 200 $US) à Kadhafi. L'amende de 100 000 dirhams est le montant maximal prévu par la Loi du Maroc sur la presse; le montant des réparations est laissé à l'appréciation du juge.

« La somme exorbitante exigée en réparations indique que les tribunaux sont de nouveau utilisés pour régler des comptes politiques avec des journalistes critiques et pour évincer du marché les publications critiques », dit le CPJ.

Cette affaire, entamée par l'ambassade de Libye à Rabat, découle d'articles critiques à l'égard de Kadhafi publiés en 2008 et au début de 2009 par les trois quotidiens indépendants. Les articles passaient des commentaires sur la saisie du pouvoir par Kadhafi à la suite d'un coup d'État militaire, l'arrestation de son fils cadet et de sa belle-fille à Genève parce qu'ils auraient agressé des domestiques, et certaines similitudes entre Kadhafi et le président Hugo Chávez du Venezuela.

Ali Anouzla, rédacteur en chef de « Al-Garida Al-Oula », a déclaré au CPJ que la décision du tribunal était motivée sur le plan politique. Il a ajouté que le jugement ne les empêcherait pas, lui ou ses collègues, de « faire leur travail, jusqu'à critiquer les régimes dictatoriaux ».

Les journalistes marocains ont déclaré au CPJ que l'appui de Kadhafi aux revendications du Maroc concernant sa souveraineté sur le territoire contesté du Sahara occidental, les investissements libyens au Maroc, de même que la présence en Libye de centaines de milliers de travailleurs marocains figurent parmi les questions qui ont pesé dans la décision de la cour.

D'après le CPJ, l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH) a conclu dans son rapport annuel publié le mois dernier que, dans toutes les affaires impliquant des journalistes, le droit à un procès juste et équitable a été violé en 2008.

ADDITIONAL INFORMATION
Alertes liées au même sujet sur ifex.org
  • Des journalistes en procès pour avoir critiqué le dirigeant libyen

    Cinq journalistes marocains attendent un procès à Casablanca pour avoir « fait tort publiquement » au dirigeant libyen Muammar Kadhafi et avoir « attenté à sa dignité », selon ce que rapportent le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).



Dernier Tweet :

مصر: الانتخابات الرئاسية القادمة ليست حرة ولا نزيهة @RSF_ar @CIHRS_Alerts @hrw_ar https://t.co/JX0vWqzT8W https://t.co/AcpDcFjEJS