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De nouvelles menaces guettent la liberté de la presse

Des formes nouvelles de violations de la liberté de la presse troublent le Maroc, même si les médias ont réalisé quelques avancées pendant la décennie du règne du roi Mohammed VI, disent le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI) et Reporters sans frontières (RSF).

Selon l'ANHRI, les audiences judiciaires ont commencé pour un journaliste et un dirigeant d'une ONG, inculpés d'insulte envers Dieu dans la première affaire « hesba » du Maroc. Les affaires « hesba » concernent les allégations d'insultes adressées à Dieu, qui sont réputées nuisibles pour la société islamique. De telles accusations sont utilisées contre les critiques du gouvernement en Égypte, et l'ANHRI fait remarquer qu'elles « s'insinuent au Maroc ».

Un groupe représentant la famille royale a intenté des poursuites « hesba » contre Edris Shehtan, rédacteur en chef de l'hebdomadaire « Al Michaal », et contre Mustafa Idary, administrateur d'une organisation de défense des droits de la personne basée à Khneifera.

L'affaire, dont a également fait mention le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), découle d'une entrevue publiée dans « Al Michaal », dans laquelle Idary reliait deux tantes du roi Mohammed VI à de la corruption politique et à des crimes.

Dans une affaire que l'ANHRI considère comme un « exemple de politique hostile à l'égard de la presse indépendante du Maroc », les représentants des proches du roi ont demandé au journal de verser une amende d'un million de dirhams marocains (env, 125 000 $US) et ont déclaré que Shehtan devait être interdit de travailler comme journaliste pendant dix ans.

Même s'il est beaucoup moins restrictif que son père Hassan II, le roi Mohammed VI a eu la main de plus en plus lourde au cours de ses dix années de règne, dit RSF. Le roi a marqué le dixième anniversaire de son accession au trône le 23 juillet.

RSF révèle que les raids et les agressions de la police sont monnaie courante, en particulier lorsque les journalistes soulèvent la colère de la famille royale; le gouvernement a déjà rappelé des numéros de deux magazines au cours de la dernière année écoulée. Aussi, au cours des quatre dernières années, le nombre des poursuites contre des directeurs de journaux s'est accru de façon constante, et les amendes exorbitantes qu'entraînent ces poursuites pourraient avoir pour effet de réduire les médias au silence.

RSF reconnaît, cependant, que les journalistes travaillent beaucoup plus librement au Maroc qu'ils ne le faisaient il y a dix ans. Alors que le code de presse du Maroc contient toujours des lois archaïques et prévoit toujours des peines de prison, l'emprisonnement pour violations de la loi sur la presse est devenu rare. Le nombre des journaux s'est accru et les lois sur la radiodiffusion ont été atténuées pour faire place à l'arrivée de plusieurs stations de radio et de télévision indépendantes, bien que, des 23 demandeurs qui ont postulé des permis pour des stations de radio et de télévision, quatre stations de radio seulement ont été autorisées cette année.

« Plus libéral que son père Hassan II, dit RSF, le roi Mohammed VI n'en envoie pas moins des signaux contradictoires quant à sa véritable volonté de démocratiser le régime et le pays. Une réforme en profondeur du code de la presse constituerait, à cet égard, un pas bénéfique. »

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