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Les journaux sont paralysés par les poursuites judiciaires; un journaliste est emprisonné

Cinquante-sept groupes membres de l'IFEX et autres organisations de défense des droits se sont joints au Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arab Network for Human Rights, ANHRI) et ont condamné la récente vague de répression qui s'est abattue sur les journalistes du Maroc sous la forme de poursuites judiciaires, de fortes amendes et de peines de prison, qui menacent la diversité des médias. Orchestrée par la monarchie, cette répression a entraîné la fermeture de journaux tandis que le gouvernement accentue sa hargne contre le journalisme indépendant, selon ce que rapportent les membres de l'IFEX.

Dans le passé, le Maroc donnait l'exemple de la liberté de la presse pour les journaux arabes. Ce récent tour de vis constitue la mesure la plus grave depuis le couronnement du roi Mohammed VI en 1999, dit l'action conjointe. D'après les membres de l'IFEX, le directeur général du journal « Al-Michaal », Driss Chahtan, a été condamné le 15 octobre à un an de prison pour « avoir publié intentionnellement de fausses informations » sur l'état de santé du roi Mohammed VI dans des articles parus en septembre. Deux des journalistes du journal, Mostafa Hiran et Rashid Mahameed, ont été condamnés à trois mois de prison et à une amende de 5 000 dirhams (655 $US) chacun, selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la Fédération internationale des journalistes et d'autres membres de l'IFEX.

Immédiatement après la décision du tribunal, la police a fait irruption dans les bureaux de Casablanca du journal « Al-Michaal » et procédé à l'arrestation de Chahtan, rapporte le CPJ. Mais les deux autres journalistes n'ont pas encore été incarcérés.

« Ces peines de prison s'inscrivent dans le cadre d'une tendance troublante à la répression du journalisme critique au Maroc », dit le CPJ. « Le gouvernement ne parvient pas à tenir la promesse qu'il avait réitérée de réformer sa législation restrictive sur la presse et un système judiciaire politisé. »

L'action conjointe de l'IFEX survient juste après que le rédacteur Ali Anouzla et le journaliste Bochra Daou, du quotidien indépendant « Al-Jarida al-Oula », eurent reçu l'ordre de comparaître le 21 octobre devant un tribunal de Rabat, eux aussi pour avoir publié des articles sur l'état de santé du roi. Anouzla a été condamné à une peine d'un an de prison avec sursis et Daou à trois mois avec sursis. Ils ont aussi été frappés d'une amende de 10 000 et de 5 000 dirhams, respectivement. On ne sait toujours pas clairement pourquoi ils n'ont pas été immédiatement incarcérés, comme Chahtan.

Après avoir publié une étude sur le règne de Mohammed VI, deux magazines, « TelQuel » et « Nichane », ont été confisqués début août 2009 parce qu'ils avaient manqué de respect envers le roi et « violé la morale publique », indiquent les membres de l'IFEX.

Le 28 septembre, le ministère de l'Intérieur a fermé « Akhbar al-Youm » sans décision judiciaire, tandis que le rédacteur en chef du journal, Taoufik Bouachrine, et le caricaturiste Kalid Kadar comparaissaient devant un juge pour répondre à des accusations d'avoir publié une caricature considérée comme « irrespectueuse à l'égard d'un membre de la famille royale », selon ce que rapportent des membres de l'IFEX. L'affaire est toujours pendante.

Cette escalade des attaques contre la liberté de la presse au Maroc menace la presse à travers toute la région arabe.

L'action conjointe de l'IFEX condamne ces procès politiques et le harcèlement continu des journalistes qui s'acquittent de leurs tâches professionnelles.

« Ces journalistes s'occupent à publier des nouvelles d'un immense intérêt public, et pourtant les autorités ont décidé de les pourchasser comme de vulgaires criminels », a déclaré la Fédération internationale des journalistes (FIJ).

Reporters sans frontières (RSF) a tenu une conférence de presse le 27 octobre à Casablanca pour apporter son appui aux journalistes marocains qui risquent une « avalanche de poursuites ». L'autorisation de tenir la conférence de presse à l'intérieur d'un hôtel a été révoquée, et celle-ci a donc dû être improvisée dans le hall de l'hôtel en présence de nombreux journalistes marocains et étrangers, rapporte RSF. Le 22 octobre, RSF et le site web de nouvelles « Bakchich », basé à Paris, ont organisé une manifestation devant l'ambassade du Maroc à Paris.

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