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Le journaliste Ali Amar poursuivi pour vol aggravé : un prétexte pour que les autorités le harcèlent au sujet de ses écrits

(RSF/IFEX) - Le 8 juin 2010 - Interpellé lundi 7 juin 2010 à Rabat (rue Patrice Lumumba) par six policiers en civil alors qu'il regagnait son véhicule en compagnie de son frère, Ali Amar a été conduit au commissariat de police de Rabat, suite à la plainte pour vol déposée par une ancienne associée du journaliste. Il a ensuite été transféré dans les bureaux de la préfecture de police de Casablanca dans l'après-midi. Présenté le mardi 8 juin en fin de matinée au procureur, il a été relâché vers 16h30, heure locale. Le procureur a ordonné sa remise en liberté, tout en décidant de poursuivre le journaliste pour vol qualifié. Son procès est fixé au 10 juin 2010.

"Il est évident que les autorités vont se servir de cette plainte pour faire payer au journaliste ses écrits critiques à l'égard du Palais. Nous demandons l'abandon immédiat des poursuites contre Ali Amar", a déclaré Reporters sans frontières.

Chronologie d'une prétendue affaire de vol racontée par Ali Amar

Ali Amar et Sophie Goldring créent une agence de graphisme, Graphic Factory, spécialisée essentiellement dans les maquettes de journaux. Ali Amar en est le gérant unique, l'administrateur légal, même si lui et Sophie Goldring sont associés à parts égales.

Suite à la liquidation de la société Trimedia (janvier 2010), l'ensemble des biens personnels du journaliste sont soit confisqués, soit gelés. Aussi, ses parts dans la société Graphic Factory sont-elles également gelées.

Alors qu'Ali Amar est en France, Sophie Goldring monte une seconde société de graphisme, Goldring Graphisme (société dont elle est alors la gérante unique), dans les même locaux que Graphic Factory, avec le même matériel technique, la même documentation administrative, un logo avec une typographie identique.

Ali Amar rentre au Maroc et essaie de négocier une solution à l'amiable avec Sophie Goldring. Il évoque la possibilité de porter plainte contre elle pour recel, tout en lui signalant qu'il allait récupérer ses effets personnels à Graphic Factory, dont un ordinateur sur lequel il travaillait du temps de Trimedia.

Sophie Goldring porte alors plainte pour vol avec effraction.

Le 4 juin à 5h45 (hors des heures légales de perquisition), la police judiciaire pénètre de manière violente et sans mandat dans le domicile de la journaliste et militante Zineb Al-Ghazoui où se trouvait Ali Amar, à la recherche de l'ordinateur. Ali Amar leur montre alors le bon de sortie et la facture de l'ordinateur, les clés qu'il a utilisées pour entrer dans les locaux de Graphic Factory.

Ali Amar et Zineb Al-Ghazoui sont interrogés pendant 12 heures le 4 juin.

Le lundi 7 juin, Ali Amar est interpellé à Rabat (rue Patrice Lumumba) par six policiers en civil alors qu'il regagnait son véhicule en compagnie de son frère. Conduit au commissariat de police de Rabat, il est transféré dans les bureaux de la préfecture de police de Casablanca dans l'après-midi. Présenté le mardi 8 juin en fin de matinée au procureur, il a été relâché vers 16h30, heure locale.

Le procureur décide de sa remise en liberté, tout en décidant de poursuivre le journaliste pour vol qualifié (retenant le flagrant délit). Son procès est fixé au 10 juin 2010.

De son côté, la journaliste et militante de l'association MALI, Zineb Al-Ghazoui, est convoquée au commissariat de Casablanca le mardi 8 juin au matin. Après avoir été entendue par le préfet de Casablanca, elle est relâchée en début d'après-midi.

Contacté par Reporters sans frontières, Ali Amar a déclaré : "La manière dont ils ont procédé au cours des derniers jours cache des arrière-pensées politiques évidentes, que ce soit la technologie moderne déployée pour m'arrêter à Rabat, les interrogatoires fleuves, l'absence totale de considération pour les preuves tangibles avancées. . . Depuis que j'ai sorti le livre Mohamed VI, Le Grand malentendu, ils m'attendent au tournant. Cette plainte est un don du ciel pour eux. Ils peuvent enfin faire de moi un criminel."

Maître Hammadi Menni, avocat du journaliste, a quant à lui estimé : "Cela n'a rien d'un vol. L'ordinateur appartenait à la société Trimedia. L'associée le savait parfaitement. Ce qui se passe aujourd'hui constitue un véritable acharnement contre Ali Amar. Ils veulent lui faire payer ses écrits, c'est clair."

Le journaliste tiendra une conférence de presse mercredi 9 juin à 16h à Rabat.

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