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Un directeur de publication condamné pour motif fallacieux

(RSF/IFEX) - Taoufik Bouachrine, directeur de publication du quotidien "Akhbar Al-Youm", a été condamné, le 10 juin 2010, à six mois de prison ferme pour "escroquerie". Le journaliste déclare avoir acheté, il y a trois ans, une maison à Rabat. Le propriétaire, qui l'accuse de ne pas avoir respecté le montant des versements prévus au moment de la vente, a porté plainte en juin 2009.

"Cette affaire a déjà été jugée, et ce à deux reprises en 2007 et 2008 ! La justice a tranché. On ne peut pas être condamné pour une affaire dans laquelle on a déjà été reconnu non coupable ! Le juge a refusé d'entendre le témoin qui était présent au moment de la signature du contrat. Le notaire a même confirmé devant le tribunal que tout était légal. Rien n'y a fait. Il est évident que je paie aujourd'hui la ligne éditoriale de mon journal. Désormais, le pouvoir ne veut plus condamner les journalistes pour leurs écrits. Il les traite comme des gangsters, des malfaiteurs. On vient de le voir avec l'exemple d'Ali Amar ! Le Maroc est en train de suivre le modèle tunisien, avec des coups montés contre les journalistes. Un tour à la Ben Brik", a déclaré Taoufik Bouachrine à Reporters sans frontières.

Le journaliste a exprimé son intention de faire appel. "Jusqu'à ce que justice me soit rendue en appel, je refuse d'écrire", a-t-il ajouté.

L'organisation rappelle que le journal "Akhbar Al-Youm" s'est attiré les foudres du Palais suite à la publication d'une caricature du cousin du roi, Moulay Ismaïl. Poursuivis pour "non-respect dû à un membre de la famille royale", Taoufik Bouachrine et le caricaturiste Khalid Gueddar avaient été condamnés, en première instance, le 31 octobre 2009, à trois ans de prison avec sursis et à environ 270 000 euros de dommages et intérêts à verser solidairement au Prince. Le tribunal avait également prononcé "la fermeture définitive des locaux” du titre. Peine confirmée en appel le 29 décembre 2009. Le lendemain, le Prince avait renoncé à l'exécution du jugement en sa faveur.

Le procès du journaliste Ali Amar, poursuivi pour "vol aggravé", s'est ouvert devant le tribunal de Casablanca le 10 juin 2010. L'audience a été reportée au 15 juin prochain. Dans cette affaire, le journaliste paie aussi pour ses écrits critiques à l'égard du Palais.

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