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Nouvelle condamnation d'un blogueur, sous des prétextes fallacieux

(RSF/IFEX) - Le 15 juin 2012 - Reporters sans frontières a appris la condamnation, par le tribunal de première instance de Marrakech, du blogueur Mohamed Sokrate, le 14 juin 2012, à deux ans de prison ferme et à 5 000 dirhams (453 euros) d'amende.

Le 29 mai dernier, le blogueur a été arrêté en sortant d'un cybercafé. A 150m de là, son père et son frère ont été arrêtés à leur tour. Accusé de « possession et de trafic de drogue », le procès de Mohamed Sokrate s'est ouvert le 7 juin, devant le tribunal de première instance de Marrakech puis a été reporté au 14 juin à la demande de la défense.

“Nous déplorons vivement ce verdict. Les accusations fallacieuses portées contre Mohamed Sokrate semblent être une nouvelle étape dans la campagne contre la liberté d'expression menée par les autorités marocaines, et qui a déjà conduit à l'arrestation et la condamnation de plusieurs blogueurs ”, a déclaré Reporters sans frontières. “L'organisation s'inquiète de la recrudescence de l'utilisation du droit pénal à l'encontre des blogueurs”, a ajouté Reporters sans frontières.

Mohamed Sokrate, 31 ans, est connu au Maroc pour être un défenseur de la laïcité et des libertés individuelles et pour ces commentaires critiques à l'égard du régime. Il a également été membre du mouvement “20 février” et faisait partie des jeunes invités, en 2011, à participer au Comité de la réforme institutionnelle.

Les avocats et les proches de Sokrate réfutent les accusations portées contre lui. Sa mère a déclaré dans une vidéo publiée sur Internet qu'il n'avait aucun lien avec le milieu de la drogue et que son arrestation était due à ses activités politiques.

D'après son avocat, Maître Taher Abouzaid, de multiples vices de forme ont également été relevés dans ce dossier et la cour a refusé les dépositions des témoins présents lors de l'arrestation de son père et de son frère. Selon plusieurs sources, ces derniers auraient été arrêtés pour obliger Mohamed Sokrate à signer le procès-verbal de la police.

Une campagne de solidarité a été lancée en ligne et de nombreux blogueurs marocains ont exprimé leur soutien à Sokrate.

Maître Taher Abouzaid a fait appel ce matin. La première audience devant la cour d'appel aura lieu dans vingt jours minimum.

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