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Douze ans de prison ferme contre Taoufik Bouachrine : RSF dénonce un verdict entaché de doute

Taoufik Bouachrine et un caricaturiste arrivent au tribunal en Casablanca, Maroc, le 23 octobre 2009
Taoufik Bouachrine et un caricaturiste arrivent au tribunal en Casablanca, Maroc, le 23 octobre 2009

ABDELHAK SENNA/AFP/Getty Images

Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 12 novembre 2018.

Le verdict dans le procès du patron de presse marocain Taoufik Bouachrine est tombé dans la nuit du 9 au 10 novembre : 12 ans de prison ferme pour violences sexuelles, accusation qu'il a toujours niée. Reporters sans frontières (RSF) dénonce un verdict entaché de doute.

Arrêté en février et incarcéré depuis, Taoufik Bouachrine le directeur du quotidien indépendant Akhbar al-Yaoum était jugé par la chambre criminelle de la Cour d'appel de Casablanca pour "traite d'êtres humains", "abus de pouvoir à des fins sexuelles", "viol et tentative de viol". L'affaire jugée à huis clos depuis le 8 mars 2018, a vu son verdict prononcé dans la nuit du 9 au 10 novembre par la condamnation du journaliste à 12 ans de prison ferme du journaliste pour "violences sexuelles". Les autres accusations n'ont pas été retenues.

Procédure accélérée obtenue par le Parquet, parties civiles sous pression des autorités et qui se récusent en cours de procès, proximité d'une partie civile avec un membre du gouvernement mis en cause par le journaliste, rejet de demandes de contre-expertises formulées par la défense, ce procès n'a fait qu'accentuer le trouble plutôt que d'apporter les clarifications attendues.

"Cette affaire semble démontrer une volonté d'acharnement judiciaire contre un journaliste dont l'activité professionnelle lui a déjà valu de nombreux démêlés avec les autorités, déclare RSF. La conduite du procès ne permet pas d'écarter l'hypothèse que cette affaire ait été montée ou à tout le moins exploitée pour une nouvelle fois le discréditer en tant que journaliste. Ce verdict est entaché de doute".

Taoufik Bouachrine avait déjà fait l'objet de poursuites en 2009 pour une caricature jugée irrespectueuse de la famille royale et du drapeau national, en 2015 pour un article attentatoire "à la réputation du Maroc", début 2018 pour "diffamation" à l'encontre de deux ministres.

Le Maroc se situe à la 135e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse en 2018.

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