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Des préparatifs en vue d'une nouvelle constitution déclenchent des attaques contre les médias

Katmandou, 20 mai 2012 : Une motocyclette appartenant à un journaliste local est incendiée par des manifestants pendant la grève générale de trois jours déclenchée par la Fédération des nationalités indigènes du Népal
Katmandou, 20 mai 2012 : Une motocyclette appartenant à un journaliste local est incendiée par des manifestants pendant la grève générale de trois jours déclenchée par la Fédération des nationalités indigènes du Népal

Navesh Chitrakar/REUTERS

Les groupes ethniques et religieux qui espèrent que leurs demandes se reflètent dans la nouvelle constitution s'en prennent de façon répétée aux journalistes qui pourraient leur bloquer le chemin, selon ce que rapportent la Fédération des journalistes du Népal (Federation of Nepali Journalists, FNJ), Freedom Forum et Reporters sans frontières (RSF).

Tandis qu'approche l'échéance du 27 mai pour la rédaction de la constitution, divers groupes ont organisé des grèves tournantes à travers le pays pour exiger que les frontières d'État proposées dans la nouvelle constitution soient déterminées en fonction des groupes ethniques.

D'après RSF, environ 50 journalistes ont été attaqués au cours des deux dernières semaines par des manifestants qui faisaient pression sur eux pour qu'ils écrivent des reportages favorables aux manifestations.

Tekendra Deuba, reporter au quotidien « Annapurnapost » de Doti, a déclaré à Freedom Forum : « Nous éprouvons des difficultés à cause des pressions des manifestants qui veulent que nous écrivions des reportages en leur faveur. Les manifestants commencent à scander des slogans hostiles aux médias et aux journalistes. »

Deuba ajoute que les journalistes ont peur et sont incapables de se déplacer librement pour couvrir la nouvelle à cause des menaces à leur sécurité.

La distribution des journaux est perturbée dans les régions où la tension est la plus forte, en particulier dans l'ouest, dit RSF.

Dans l'un des incidents les plus graves, des journalistes ont été visés par des manifestants dimanche, premier jour d'une grève générale de trois jours organisée par la Fédération des nationalités indigènes du Népal (NEFIN). Selon Freedom Forum, des dizaines de journalistes à travers le pays ont été attaqués et leurs motocyclettes et leurs camionnettes ont été incendiées ou endommagées, ce qu'un groupe de défense de la liberté de la presse a qualifié de « journée noire » pour les journalistes.

Dans une note adressée le 13 mai à la FNJ, la NEFIN accuse les médias de s'opposer au système fédéral et menace de boycotter les médias qui ont couvert la proposition de manière négative.

D'après RSF, le secrétaire général de la NEFIN, Ang Kaji Sherpa, a prévenu qu'il disperserait les manifestations des médias et qu'il « achèverait » les journalistes s'ils osaient organiser une contre-offensive. « Nous avons entendu dire que la FNJ était en train d'organiser une manifestation de protestation contre notre grève », a-t-il dit. « Si cela arrive, alors nous n'épargnerons pas les journalistes. »

Le gouvernement, qui a entamé des négociations avec les groupes ethniques et religieux, a dénoncé les attaques contre les médias et pressé les manifestants de se calmer, rapporte la FNJ.

Les membres de l'IFEX ont eux aussi dénoncé ces attaques, soulignant qu'elles privent les gens de leur droit à l'information et violent les droits des journalistes.

La FNJ exige que le gouvernement assure la protection des journalistes et apporte une indemnisation à ceux d'entre eux qui sont blessés ou dont les biens ont été endommagés.

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