RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Des journalistes protestent contre les mesures répressives de l'État à l'endroit des médias

(CPJ/IFEX) - Ci-dessous, un communiqué de presse du CPJ daté du 22 octobre 2007:

Le CPJ: Les journalistes nigériens protestent contre les mesures répressives de l'état à l'endroit des médias

New York, le 22 octobre 2007 - Des centaines de journalistes on marché samedi à travers les rues de la capitale nigérienne, Niamey, pour protester contre l'arrestation de deux éminents journalistes en rapport avec les mesures répressives du gouvernement nigérien sur la couverture de la rébellion des Touaregs nomades au nord du Niger, ont annoncé les médias et les journalistes locaux.

Environ 400 manifestants portant des pancartes et chantant "Libérez Moussa Kaka et Ibrahima Manzo!" se sont rendu sur la Place de la Concertation pour un meeting devant l'Assemblée nationale du Niger.

Ceci est la plus importante marche des journalistes depuis 1990, lorsque le pays est entré dans une ère de libéralisation politique et médiatique, selon Abdoulaye Massalatchi, le président d'une des douze groupes de presse ayant participé à la marche.

La marche a aussi marqué le 30éme jour depuis l'arrestation du journaliste chevronné, Moussa Kaka, un correspondent de Radio France Internationale (RFI), et le 11éme jour de détention sans chef d'accusation de Ibrahima Manzo Diallo, le directeur du bimensuel Aïr Info, un journal basé dans la ville d'Agadez, foyer de la rébellion.

Les mesures répressives du gouvernement, notamment l'interdiction de retransmissions de débats en direct sur le conflit, la suspension pour un mois de RFI et la suspension pour trois mois de Aïr Info, ont forcé les journalistes à censurer leurs reportages sur la rébellion Touareg, a dit au CPJ le directeur de la chaîne privée Radio Anfani, Kader Idi.

"L'arrestation de Moussa Kaka et de Ibrahima Manzo Diallo s'inscrit dans une dynamique de censure inquiétante qui menace de saper les acquis démocratiques du Niger", a déclaré le directeur exécutif du CPJ, Joel Simon.

"C'est non seulement un droit mais aussi un devoir pour les journalistes de couvrir la rébellion Touareg et de tenir l'opinion public informée. Nous exhortons donc les autorités nigériennes à relâcher nos collègues immédiatement et à lever les restrictions imposées aux médias nationaux et internationaux", a-t-il ajouté.

M. Kaka, accusé d'"atteinte à la sécurité de l'état", sur la base de conversations téléphoniques qu'il aurait eues avec les dirigeants rebelles, encourt une peine de prison à vie s'il est reconnu coupable, selon l'avocat de la défense, Moussa Coulibaly. Ce dernier a déclaré qu'il a déposé une requête demandant la production des présumés enregistrements.

Quant à M. Diallo, il est en détention sans chef d'accusation depuis son arrestation le 9 octobre dernier à Niamey, le même jour ou le journal a publié une liste de quelques 20 personnes arrêtées sur présomption de liens avec les rebelles, ont dit les journalistes locaux .

Sa détention prolongée a dépassé le délai légal de garde à vue qui est de 48 heures et qui, conformément à la loi nigérienne, ne peut être renouvelé qu'une fois, a dit Me Coulibaly au CPJ. Il a ainsi déclaré au CPJ qu'il a déposé un recours pour demander que M. Diallo soit inculpé, ou qu'il soit libéré immédiatement.

Le CPJ est une organisation indépendante à but non-lucratif fondée en 1981 afin d'observer et d'enquêter sur les abus commis contre la presse et promouvoir la liberté de celle-ci à travers le monde.

Dernier Tweet :

Seven years after its revolution, Libya is losing its journalists https://t.co/uXnC21kb8k @RSF_inter… https://t.co/ERs12EkMtU