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Deux journalistes en détention préventive

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières condamne l'incarcération du directeur de l'hebdomadaire privé nigérien "L'Evénement" et de l'un de ses journalistes, le 12 novembre 2008, au lendemain de la condamnation à une peine de prison avec sursis d'un autre directeur de journal, qui venait de passer douze jours en détention préventive.

"Quelle réparation les plaignants obtiennent-ils en jetant des journalistes en prison ? Et si les journalistes arrêtés étaient en fin de compte acquittés, n'aurait-on pas incarcéré des innocents ? La liste des questions soulevée par ces emprisonnements est longue. En ne réformant pas la législation, contrairement à ses promesses électorales, et en ne se dotant pas d'outils adaptés pour répondre au problème de la diffamation par voie de presse, le gouvernement nigérien choisit délibérément de soumettre la société civile à une injustice légale et assumée. Il ne devrait pas choisir cette option, pour le bien du respect et de la stabilité des institutions démocratiques", a déclaré l'organisation.

Le 12 novembre, Moussa Aksar et Sani Aboubacar, respectivement directeur et journaliste de l'hebdomadaire privé "L'Evénement", ont été arrêtés après s'être présentés d'eux-mêmes au parquet, répondant à un mandat d'arrêt lancé la veille. Ils ont été déférés à la prison centrale de Niamey. Le 3 novembre, ils avaient une première fois été interpellés par la police, puis relâchés le même jour, dans l'attente du transfert de leur dossier au parquet.

Moussa Aksar et Sani Aboubacar devaient initialement être jugés le 13 novembre, mais le procès a été repoussé au 17 novembre. Leur demande de liberté provisoire a été refusée. Selon leur avocat, Mounkaïla Yayé, la procédure de flagrant délit ne permet pourtant pas de renvoyer le procès sans statuer sur la demande de liberté provisoire.

Les journalistes sont poursuivis pour "diffamation" suite à une plainte déposée par Foukori Ibrahim, administrateur délégué de la société nigérienne d'électricité Nigelec, après la publication, le 29 septembre, d'articles évoquant la "mauvaise gestion" de la société et le "recrutement frauduleux" de la soeur du directeur de cabinet du président Mamadou Tandja. Les articles faisaient également mention du décès du consul des Pays-Bas, Smith Degener, mort d'une crise cardiaque à la suite d'un entretien avec Foukori Ibrahim, selon l'épouse du défunt.

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