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Les militants de Boko Haram menacent d'attaquer de nouveau les médias

Les bureaux d’Abuja du journal « ThisDay » après l’attentat à la voiture piégée
Les bureaux d’Abuja du journal « ThisDay » après l’attentat à la voiture piégée

Tom Saater/DEMOTIX

Moins d'une semaine après que des attentats à la bombe contre des installations de médias eurent fait au moins huit morts à Abuja et à Kaduna, la secte islamique militante Boko Haram vient de rendre publique une vidéo dans laquelle elle en revendique la responsabilité et menace de lancer d'autres attentats contre les groupes de médias, selon ce que rapporte le Media Rights Agenda (MRA).

Dans la vidéo affichée le 1er mai sur YouTube, Boko Haram menace de lancer d'autres attentats contre des médias d'information populaires comme la Voix de l'Amérique, Radio France et le « Guardian », parce qu'ils commettent des crimes contre l'islam, dit le MRA.

Un individu au volant d'une voiture bourrée d'explosifs s'est fait exploser le 26 avril dans les bureaux du journal « ThisDay » à Abuja, selon ce que rapportent le MRA, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), l'Institut international de la presse (IIP) et d'autres groupes membres de l'IFEX.

Selon l'IIP, cinq employés ont été tués. Le CPJ indique que cinq employés de soutien des médias ont également subi des blessures, et que la production du journal a dû être interrompue parce que l'explosion a endommagé l'imprimerie.

À peu près au même moment dans la ville septentrionale de Kaduna, une bombe était projetée contre l'immeuble abritant les bureaux des journaux « ThisDay », « The Sun » et « The Moment », tuant au moins trois personnes, dit l'IIP.

Dans la bande vidéo de 18 minutes qui montre l'attentat suicide d'Abuja, le groupe Boko Haram dit que le journal « ThisDay » a été attaqué pour avoir laissé entendre en 2002 que le prophète Mahomet aurait approuvé le concours de beauté de Miss Monde qui se déroulait à Abuja, rapporte la BBC.

À l'époque, des émeutes qui ont fait de nombreux morts ont éclaté après que « ThisDay » eut publié l'article considéré comme blasphématoire.

« Nous avons attaqué “ThisDay” parce que nous n'oublions ni ne pardonnons jamais les personnes qui insultent notre prophète », peut-on entendre sur la bande vidéo.

La vidéo poursuit en disant que ses combattants vont cibler plusieurs autres journaux nigérians et quelques radiodiffuseurs étrangers, et en prévient d'autres qu'ils sont « sur le point de s'ajouter à la liste s'ils ne font pas attention », rapporte la BBC.

D'après le CPJ, « ThisDay » appuie ouvertement le gouvernement du Président Goodluck Jonathan. Le CPJ ajoute que le journal avait reçu un avertissement en janvier après avoir publié des reportages sur les activités de Boko Haram. La menace a été signalée aux agences de sécurité nigérianes tandis que le journal mettait en œuvre de nouvelles mesures de sécurité pour le personnel et les visiteurs, notamment le verrouillage de l'entrée principale.

En mars, Boko Haram avait menacé de commettre des attentats contre trois journaux - le « Vanguard », la « Tribune » et le « National Accord » - qu'il accusait de couvrir favorablement le gouvernement nigérian, indique le CPJ.

Le MRA a fait part de son inquiétude devant l'« impuissance apparente » du gouvernement fédéral et des agences d'application de la loi et de sécurité « face à cet assaut implacable », et les invite à « assumer [leur] responsabilité essentielle, qui consiste à assurer la sécurité et le bien-être de la population ».

Le Boko Haram, dont l'appellation signifie « l'éducation occidentale est interdite », revendique aussi la responsabilité de nombreuses autres fusillades mortelles et attentats à la bombe au Nigeria : plus de 900 civils ont été tués par ce groupe depuis juillet 2009, rapporte Human Rights Watch.

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