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La série de restrictions imposées par le gouvernement rend la couverture normale des élections improbable, selon RSF

(RSF/IFEX) - Ci-dessous, une version abrégée d'un communiqué de presse de RSF:

Couverture médiatique des élections législatives : Reporters sans Frontières recense cinq problèmes majeurs

Malgré les déclarations rassurantes du président Pervez Musharraf, les médias ne sont pas libres de couvrir normalement les élections législatives du 18 février 2007. Reporters sans frontières dénonce un climat de censure caractérisé par des menaces permanentes d'amendes, de fermetures de médias ou d'arrestations de journalistes.

Le gouvernement a mis en place une série de régulations qui restreignent très fortement la couverture de la campagne électorale par les médias électroniques. Et l'interdiction de la chaîne Geo News, la plus populaire et la plus libre du paysage audiovisuel pakistanais, est la preuve que la liberté de la presse n'est pas garantie avant le scrutin. Par ailleurs, la sécurité des professionnels des médias est très précaire, et les forces de sécurité sont responsables de la majorité des violences.

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"Les élections législatives ne seront pas libres si les autorités n'annulent pas, dès maintenant, les restrictions imposées au travail des médias. Par ailleurs, les violences policières et les intimidations des services de renseignements sont inacceptables. C'est au président Pervez Musharraf de prendre des mesures concrètes pour que les élections du 18 février soient libres et justes. Pour l'instant, ce n'est pas le cas", a affirmé Reporters sans frontières.

Les déclarations de Mohammad Farooq, président de la Commission électorale, qui a promis à tous les "partis politiques que les élections seront justes, équitables et transparentes", et de celles du ministre de l'Information, Nisar Memon, qui a déclaré le 1er janvier que les médias et le gouvernement devaient "travailler en équipe pour offrir un environnement favorable pour les élections", ne sont pas suffisantes.

Le 3 novembre 2007, au moins 45 chaînes de télévision privées par satellite ont été interdites de diffusion au Pakistan sur un simple ordre verbal adressé par le gouvernement aux opérateurs de câble. Deux radios privées ont également été fermées. La majorité de ces médias sont de nouveau diffusés, mais la plupart ont été contraints de supprimer des émissions, écarter des journalistes ou mettre fin à des contrats de diffusion de programmes étrangers pour être de nouveau autorisés.

Les partis politiques sont divisés sur ce problème. Interrogé par Reporters sans frontières, Farhatullah Babar, porte-parole du Pakistan People's Party (PPP), a expliqué que PTV avait une "couverture partisane" de la campagne électorale, tandis que les chaînes privées faisaient bien leur travail. Farhatullah Babar a dénoncé l'échec de la Commission électorale quant à garantir un équilibre dans les médias et empêcher les pressions sur la presse : "Le gouvernement manipule la couverture par la coercition et l'intimidation." De son côté, Tariq Azeem, secrétaire à l'information de la Pakistan Muslim League, favorable à Pervez Musharraf, a salué les efforts de PTV qui donne, selon lui, un temps d'antenne à tous les candidats. "Les médias privés couvrent nos activités, mais ils donnent plus de temps aux partis d'opposition car ils sont plus nombreux. Et le gouvernement ne manipule pas la couverture des élections", a affirmé Tariq Azeem. Enfin, Zahid Kahn, secrétaire à l'information du Awami National Party (nationaliste pachtoun), a jugé que PTV donnait pratiquement 80 % de temps d'antenne au gouvernement et à ses supporters, tandis que les médias privés ont peur d'émettre des critiques trop dures: "Quand nous sommes invités dans des talk-shows, ils nous demandent d'être polis car ils sont sous la pression des autorités."

"Les médias pakistanais peuvent apparaître très vivants, mais il est clair que depuis quelques semaines les critiques sont moindres, surtout dans la partie éditoriale", explique un diplomate en poste à Islamabad. "Les patrons des chaînes de télévision ont perdu beaucoup d'argent pendant l'interdiction de novembre. Ils ne peuvent pas se permettre d'être de nouveau sanctionnés. Alors ils s'autocensurent", confirme le journaliste d'une chaîne de télévision qui préfère garder l'anonymat. Cité par "The New York Times", Kashif Abbasi, dont le talk-show a été retiré de la chaîne ARY, n'en dit pas moins : "Les nouvelles ne sont plus couvertes objectivement, mais selon les désirs du gouvernement."

Avant d'être assassinée, Benazir Bhutto avait très clairement dénoncé les atteintes à la liberté de la presse commises par le gouvernement de Pervez Musharraf. Le 10 novembre, la dirigeante du PPP avait déclaré à Islamabad pendant une manifestation pour la liberté de la presse: "Je suis venue pour vous témoigner ma solidarité. Je réprouve ces restrictions. Nous croyons à la liberté d'expression. Notre guerre contre la dictature continue, nous sommes pour la liberté, nous sommes pour les médias."

Pour lire le communiqué de presse complet, cliquer ici: http://www.rsf.org/article.php3?id_article=24975

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