RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Les journalistes sont menacés par les attentats suicides, les enlèvements et la censure

Les journalistes pakistanais continuent d'être marginalisés par les attentats suicides, les enlèvements et les assassinats, de même que par les officiels du gouvernement qui s'attaquent directement aux journalistes critiques, selon ce que rapporte la Fondation de la presse du Pakistan (Pakistan Press Foundation, PPF). L'accès à l'information est également miné par l'ordre lancé par l'État de mettre fin aux retransmissions de la BBC en langue ourdoue.

Dans une action conjointe menée par Reporters sans frontières (RSF), 26 groupes membres de l'IFEX ainsi que le Syndicat fédéral des journalistes du Pakistan (Pakistani Federal Union of Journalists, PFUJ) ont appelé les dirigeants des talibans, des mouvements djihadistes et d'Al-Qaïda a cesser les attentats suicides qui ciblent les rassemblements publics et qui entraînent la mort de civils innocents et de travailleurs des médias.

Les journalistes pakistanais couvrent les événements en direct, mais cela ne signifie pas qu'ils « appuient quelque politicien ou personnage public en particulier », dit l'action conjointe. Les attentats à la bombe ont fait du Pakistan l'un des pays les plus dangereux du monde pour la presse.

Les journalistes et leurs familles ne sont pas non plus entièrement en sécurité chez eux. Azaz Syed était au travail lorsque des individus armés ont criblé de projectiles la porte d'entrée de son domicile au matin du 7 mai, dit la PPF. Journaliste d'enquête à la chaîne de télévision privée en langue anglaise « Dawn News », Syed travaille sur des histoires qui mettent en cause les forces armées, les services de renseignement et les organisations militantes, ainsi que des partis politiques et des personnalités influentes du Pakistan. C'est la deuxième attaque contre son domicile.

Par ailleurs, le 27 avril, l'Autorité réglementaire des médias électroniques du Pakistan (Pakistan Electronic Media Regulatory Authority, PEMRA) a ordonné à 24 stations de radio FM de cesser de retransmettre les bulletins de nouvelles en langue ourdoue de la BBC parce qu'elles violeraient les modalités de leurs permis, rapporte la PPF. La BBC dit croire que les stations ont rempli toutes les exigences bureaucratiques de la PEMRA pour obtenir la levée de l'interdit.

Lors d'un épisode distinct et funeste survenu au Nord Waziristan, des militants ont exécuté un ancien agent de renseignements pakistanais qui avait été enlevé en même temps que le documentariste Asad Qureshi, selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et l'Institut international de la presse (IIP). Le corps de l'agent a été trouvé le 30 avril, après que celui-ci eut été porté disparu le 26 mars, en même temps que le cinéaste et un autre officiel. Citoyen britannique d'origine pakistanaise, Qureshi se rendait interviewer des dirigeants talibans.

Plus récemment, le journaliste Ghulam Rasool Birhamani, âgé de 30 ans, a été porté disparu le 9 mai; son corps a été retrouvé le lendemain avec des marques de torture et des blessures mortelles à la tête, rapporte la PPF. Reporter au quotidien « Sindhu Hyderabad », Birhamani avait reçu récemment des menaces de la tribu Lashari parce qu'il avait couvert le mariage d'une fille mineure de la tribu.

Dernier Tweet :

Government Crackdown: Cambodia’s Media on Edge, a report by @ifjasiapacific“The government-led crackdown has create… https://t.co/lmNtQNB1JU