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RSF dénonce l'escalade de la violence contre les journalistes

(RSF/IFEX) - Le 29 juillet 2010 - Reporters sans frontières dénonce l'escalade de la violence contre les journalistes suite à trois tentatives d'assassinat, dont deux dans la zone tribale de Bajaur, et l'agression d'un journaliste dans la province de Sindh.

"Au delà de la responsabilité des forces de sécurité de protéger les journalistes, il est urgent que les groupes armés, notamment les insurgés taliban, cessent immédiatement les attaques et les menaces contre la presse. Le pouvoir d'influence des chaînes de télévision pakistanaises est tel que leurs correspondants en province sont devenus des cibles privilégiés. Les patrons de ces télévisions doivent immédiatement s'organiser pour mieux protéger leurs employés", a affirmé l'organisation.

Le 7 juillet 2010, dans la zone tribale de Bajaur, la résidence d'Imran Khan, reporter de Din News TV, a été la cible d'une attaque des taliban. Vivant dans un lieu gardé secret pour raison de sécurité, Khan n'a pas été touché. Huit membres de sa famille, dont sa mère, ont quant à eux été blessés. Cette attaque est la deuxième qu'il subit. Khan et sa sœur avaient été blessés et hospitalisés quelques jours auparavant, suite à la tentative de l'enlèvement le 13 avril dernier dont il était cible. Son père, Muhammad Ibrahim, a été assassiné le 22 mai 2008, lorsqu'il rentrait de l'interview d'un chef local des taliban.

"Les taliban m'ont menacé à plusieurs reprises en me disant que je serai éliminé. Cette attaque n'a pas été une surprise et je perds de plus en plus l'espoir de survivre. Je vais peut-être envisager d'aller m'installer en Afghanistan, car je n'ai ici aucun moyen de me protéger, ainsi que ma famille", a déclaré le journaliste, âgé de vingt-quatre ans, à Reporters sans frontières.

Le 22 juillet, à Hyderabad (province de Sindh, sud-est du pays), le reporter en chef du quotidien "Daily Ibrat" Sarfraz Wistro a été agressé à deux heures du matin. Ses cinq agresseurs l'ont agressé jusqu'à ce qu'il perde conscience, avant de s'échapper avec son téléphone portable et 12 000 roupies (environ 140 dollars). Le journaliste est persuadé que cette attaque est liée à son activité professionnelle.

Le 25 juillet, de nouveau à Hyderabad, le véhicule de la chaîne de télévision privée Geo News a été violemment attaqué par cinq hommes armés. Le correspondant de la chaîne Anwar Kamal a reçu une balle au bras gauche.

"Les cinq agresseurs ont mitraillé notre véhicule, des deux côtés de la rue. Aucun groupe n'a revendiqué la responsabilité de cet attentat, mais cela pourrait venir de personnes à qui nos reportages déplaisent. En tout cas, nous observons une tendance dangereuse, à savoir que les journalistes sont maintenant directement ciblés", a rapporté Kamal à Reporters sans frontières.

Les relations entre Geo News et le gouvernement central se sont détériorées depuis les reportages de la chaîne sur la corruption du président Asif Ali Zardari. Les représentants de la province de Sindh ont rendu visite au journaliste à l'hôpital et lui ont promis de "poursuivre les agresseurs".

Le 26 juillet, le domicile du journaliste de la zone tribale de Bajaur, Zafarullah Banori, a été attaqué à des tirs de grenade. Banori, qui travaille pour ARY One World TV et Al-Jazeera, a échappé à cette attaque. Se sentant menacé à cause de son activité professionnelle, il avait récemment déménagé à Peshawar.

En plus de ces quatre derniers incidents, Reporters sans frontières rappelle qu'en juin dernier, le journaliste de Deewa Radio Irfanullah Jan et son confrère de la presse écrite Anwarullah Khan ont reçu des lettres de menace des taliban, leur disant de "faire attention" dans leur travail. "Il y aura des actions strictes si vous ne vous comportez pas bien", écrivait l'auteur des lettres.

Le Pakistan est avec le Mexique le pays le plus dangereux du monde pour les journalistes. Mollah Mohammad Omar, chef des taliban, figure dans la liste des prédateurs de la presse 2010, de Reporters sans frontières.

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