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Médias et journalistes sont attaqués

Outré par la réponse inadéquate du Président du Pakistan, Asif Ali Zardari, devant les souffrances indicibles des victimes des inondations au Pakistan, un protestataire a lancé samedi des souliers en direction de Zardari, qui était de passage à Birmingham, au Royaume-Uni. Au Pakistan, le parti du Président a pris les choses en main et a fermé les médias qui rapportaient l'histoire; des partisans armés du gouvernement et des policiers ont réprimé violemment la liberté de la presse, indiquent la Fondation de la presse du Pakistan (Pakistan Press Foundation, PPF), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et la Fédération internationale des journalistes (FIJ).

Le Président Zardari participait le 7 août à un rassemblement du Parti du peuple pakistanais (PPP) lors d'une visite au Royaume-Uni lorsque les souliers ont été lancés dans sa direction. La communauté pakistanaise à l'étranger et au pays même est en colère à cause de sa visite en Europe tandis que le pays est aux prises avec le désastre d'inondations incessantes, dit la FIJ.

Les chaînes GEO TV et ARY News venaient tout juste de diffuser le 8 août l'histoire des chaussures lorsque leurs émissions ont été bloquées, ce qui a déclenché des protestations dans tout le pays, des deux côtés de la question. Le soir même, des partisans du gouvernement ont manifesté à l'extérieur des stations. Selon un journaliste local, lorsque certains câblodistributeurs ont refusé de se plier à l'interdiction, des individus armés ont été dépêchés et ont ouvert le feu sur leur personnel et leurs bureaux.

Les bureaux de deux autres câblodistributeurs de Karachi ont été incendiés par des activistes du PPP, avec l'appui d'un détachement de la police, après que les câblodistributeurs eurent refusé de mettre fin aux émissions de GEO TV et de ARY News. Après que les militants armés du PPP eurent attaqué les bureaux de la société Reno Cable Network à Karachi et agressé son personnel, l'entreprise a été contrainte de bloquer les transmissions.

De plus, des activistes du PPP ont volé et brûlé des exemplaires des journaux « Jang » et « The News », qui sont associés à GEO, à Karachi et ailleurs dans le pays, et des menaces ont été proférées, selon lesquelles les camions de distribution allaient être incendiés. Le 10 août, on a continué à brûler des journaux, et le conducteur d'un camion de distribution a été agressé.

Les câblodistributeurs qui ont défié les manifestations et qui ont rétabli les transmissions ont été frappés par une vague de protestataires, et nombre d'entre eux se sont fait couper leurs câbles de distribution. Selon le directeur adjoint du service des nouvelles de ARY, l'ordre de la fermeture ne venait pas du Président, « c'est le parti du Président qui a décidé de se faire justice lui-même », rapporte le CPJ.

Les relations entre GEO News, qui appartient à des intérêts privés, et l'État se sont détériorées parce que la couverture de la corruption offerte par la chaîne implique le Président Zardari, rapporte RSF. Le 9 août, les journalistes ont tenu des rassemblements à travers le pays pour protester contre l'interdit.

Ces interdits ont une incidence sur la couverture des nouvelles et sur l'information concernant les secours apportés à la suite du désastre causé par les graves inondations. D'après les Nations Unies, ces inondations qui ont fait 1 600 morts et environ 14 millions de sinistrés, touchent maintenant plus de victimes que le tsunami de 2004 dans l'océan Indien, le séisme de 2005 au Cachemire et le tremblement de terre de 2010 en Haïti réunis.

Par ailleurs, la violence contre les journalistes s'est accrue ces dernières semaines. Dans un incident sans relation avec les précédents, le reporter de GEO News Anouar Kamal et son chauffeur se sont fait tirer dessus par des assaillants qui ont ouvert le feu sur leur véhicule à Hyderabad, dans la province du Sindh, le 24 juillet. Deux jours plus tard, des assaillants ont lancé des grenades et ont ouvert le feu dans la région tribale de Bajaur sur une maison qui aurait un lien avec le correspondant de la télévision Zafarullah Bonari, qui travaille pour ARY One World Television et Al-Jazeera. Bonari n'était pas dans la maison; il avait déménagé à Peshawar parce qu'il se sentait en danger. Au moins six femmes et enfants ont été blessés gravement. Puis le 22 juillet, Sarfraz Wistro, reporter au journal « Daily Ibrat », a été tabassé au point de perdre connaissance par cinq hommes près de chez lui à Hyderabad.

Selon RSF, le Pakistan et le Mexique sont les deux pays les plus dangereux du monde pour les journalistes.

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