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Un gouverneur abattu à cause de son opposition à la loi sur le blasphème

Le gouverneur du Pundjab, Salman Taseer, a été abattu le 4 janvier à Islamabad, la capitale du Pakistan, par un de ses propres gardes du corps qui s'opposait à la réforme de la loi du Pakistan sur le blasphème, selon ce que rapportent Freedom House et la Fédération internationale des journalistes (FIJ).

D'après le « Guardian », Malik Mumtaz Hussain Qadri aurait crié « Allahu Akbar » au moment où il a vidé deux chargeurs de son arme sur Taseer. Les photos prises après la tuerie montrent un homme portant une barbe ondulée, au regard calme, que l'on emmène. Sur certaines photos, on le voit même souriant.

Qadri, qui s'est rendu immédiatement, a déclaré avoir tué Taseer à cause de son appui enthousiaste à la réforme de la loi draconienne du Pakistan sur le blasphème. Taseer avait invité récemment le Président Zardari à gracier Asia Bibi, une chrétienne, condamnée récemment à mort après avoir été accusée d'avoir insulté le Prophète Mahomet, précisent Freedom House et la FIJ.

« Les lois sur le blasphème et le discours haineux sont très souvent décrites par leurs partisans comme une solution au conflit religieux. L'assassinat d'aujourd'hui est un autre exemple de la façon dont ces lois servent plutôt à justifier la violence, y compris le meurtre », dit Freedom House, qui demande au Pakistan d'abroger immédiatement la loi sur le blasphème.

La loi est utilisée fréquemment pour légitimer les mesures de répression contre les groupes minoritaires, les dissidents et autres opinions divergentes sous prétexte du maintien de la « cohésion sociale », dit Freedom House.

Selon le « Guardian », un groupe éminent d'érudits islamiques prétendument modérés - le groupe Jammat-e-Ahl-e-Sunnat - aurait déclaré qu'on ne devait pas offrir de prières funéraires et a prévenu que toute personne exprimant du chagrin pour la mort de Taseer pourrait subir le même sort.

Un avant-projet de loi visant à retirer la peine de mort de l'actuelle loi sur le blasphème, déposé devant la Chambre basse du parlement pakistanais, a fait descendre dans les rues des milliers de protestataires à la fin décembre, dit Freedom House. Le Pakistan est l'un des rares pays du monde où la loi sur le blasphème prévoit la peine de mort.

Selon le « Guardian », l'assassinat de Taseer laisse Bibi, qui attend en prison une décision d'une cour d'appel, en péril. Les défenseurs des droits de la personne disent craindre qu'elle ne soit mise à mort par des fanatiques en prison ou lorsqu'elle se rendrait au tribunal, comme ce fut le cas dans d'autres affaires de blasphème.

Selon le « Guardian », Taseer a utilisé Twitter pour faire connaître son opinion que d'autres politiciens ayant des sensibilités à gauche se montraient réticents à exprimer publiquement. Le 31 décembre, il écrivait : « Je subissais de fortes pressions pour céder aux pressions de droite sur la question du blasphème. J'ai refusé. Même si je dois être le dernier à me ternir debout. »

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Grandes plataformas de Internet son nuevos “gatekeepers” que amenazan la libertad de expresión con regulación priva… https://t.co/dUNsq4L0DA