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Une enquête ne parvient pas à trouver les coupables du meurtre d'un journaliste

Saleem Shahzad
Saleem Shahzad

Une enquête officielle sur le meurtre du journaliste Saleem Shahzad, qui avait rapporté que les militants islamistes avaient infiltré l'armée, s'est révélée incapable de trouver ses assassins, selon ce que rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Shahzad a disparu en mai dernier après avoir quitté son domicile d'Islamabad pour paraître dans une émission à la télévision, deux jours après avoir publié un article sur les liens entre la marine et Al-Qaida.

Une commission gouvernementale créée pour enquêter sur sa mort, composée de juges des rangs les plus élevés, de chefs de la police provinciale et d'un représentant des journalistes, « n'a pas été capable d'identifier les coupables derrière cet incident », conclut le rapport rendu public la semaine dernière. Le rapport indique que l'enquête a tenu 23 réunions, a interrogé 41 témoins et examiné une masse importante de documents pertinents.

Le rapport recommande que la direction de l'Inter-Services Intelligence (la principale agence de renseignement du Pakistan) et l'Intelligence Bureau soient davantage tenus de rendre des comptes et que leurs interactions avec les médias « soient soigneusement rationalisées sur le plan institutionnel et qu'elles soient régulièrement documentées ». Le rapport conseille en outre au gouvernement d'offrir une compensation substantielle à la famille de Shahzad.

Shahzad, qui travaillait pour une agence de nouvelles italienne et pour le « Asia Times » en ligne, avait déclaré à Human Rights Watch avoir été menacé par des agents du renseignement. La direction de l'Inter-Services Intelligence a nié les allégations d'implication dans son assassinat, affirmant qu'elles étaient « sans fondement ».

« Ce dernier exercice de justice très vanté apparaît comme un recyclage de la presque parfaite impunité qui entoure les meurtres des journalistes au Pakistan », dit le CPJ.

Comme l'a déjà constaté le CPJ dans le passé, même avec des enquêtes très médiatisées, le patron reste qu'elles n'ont aucun effet et ne traînent pas les tueurs de journalistes en justice, que l'armée et l'establishment sécuritaire du pays soient impliqués ou non.

Le CPJ fait remarquer que l'enquête de 2006 sur la mort du reporter pigiste Hayatullah Khan, qui avait irrité l'armée en révélant des preuves photographiques que les États-Unis avaient procédé à une frappe en territoire pakistanais au moyen d'un missile, en dépit des affirmations contraires du Pakistan. Six ans plus tard, les appels de la famille de Hayatullah en faveur de la divulgation des conclusions de l'enquête spéciale restent sans réponse.

La seule fois où il y a eu une enquête, des arrestations, des poursuites et la condamnation d'une personne accusée du meurtre d'un journaliste au Pakistan, a été en 2002 dans l'affaire de la décapitation du reporter américain Daniel Pearl, du « Wall Street Journal ».

Et les meurtres de journalistes continuent au Pakistan. Rien que cette semaine, le 17 janvier, Mukarram Khan Atif, correspondant de Deewa Radio, basée à Washington, et reporter à la station de télévision « Dunya News », a été abattu dans une mosquée située près de Peshawar, selon ce que rapportent le CPJ, la Fondation de la presse du Pakistan (PPF), la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et Reporters sans frontières (RSF).

L'organisation militante interdite « Tehreek-e-Taliban » a revendiqué la responsabilité de ce meurtre, affirmant que Atif avait refusé d'accorder une couverture radio aux Talibans. Ceux-ci ont aussi déclaré que d'autres journalistes figuraient sur leur liste de personnes à abattre, rapporte RSF.

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